Université

« Ne pas sacrifier les études au profit de l’investissement dans la réserve sanitaire »

Mise en place à Strasbourg au plus fort de la pandémie, la réserve sanitaire, relancée, devrait de nouveau compter dans ses rangs quelques centaines d’étudiants en médecine. Attention à ce que cet investissement, nécessaire et légitime, ne se fasse pas au détriment des futurs médecins et, in fine, de la société, alerte le doyen de la faculté, Jean Sibilia.

Une enquête franco-suisse l’a montré : la mobilisation en milieu clinique influe positivement sur l’anxiété des étudiants en médecine. Ceux qui se sont mobilisés l’année dernière l’ont sans doute bien compris : ils ont été environ 300 étudiants en santé à venir prêter main-forte dans les différents services nécessitant leur aide, l’an dernier, au plus fort de la pandémie.

Sans compter que ce travail peut leur apporter une rentrée complémentaire d’argent, non négligeable en cette période de disette de jobs étudiants. « A Strasbourg, qui a fait partie des premières villes à mobiliser sa réserve sanitaire, les choses ont été quelque peu chaotiques au départ. Mais cela s’est aujourd’hui stabilisé, et les étudiants mobilisés bénéficient tous d’une convention, qui leur assure une rémunération », souligne Jean Sibilia.

Le doyen de la Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé, tient toutefois à rappeler que « cet engagement ne doit pas être pris par nos étudiants au détriment de leurs études. Certes, ils viennent en relais d’un corps médical fatigué, fragilisé, mais ils sont aussi nombreux dans nos rangs à ne pas bien vivre la période actuelle. D’autant que nous sommes en pleine période d’examens ».

Besoins au jour le jour

A quelles tâches vont être affectés les étudiants volontaires ? « Les premiers cycles prêtent main-forte où le besoin se fait sentir - centre d’appel du 15, auprès des brancardiers, infirmiers, aux aides-soignants. Les externes et internes peuvent être appelés dans des services comme la réanimation ou spécifiques Covid. Dans tous les cas, les besoins émanent au jour le jour du terrain. » On peut d’ores et déjà tabler sur 200 étudiants volontaires. « Ce n’est pas encore tellement le cas, mais ils viendront aussi en renfort pour assurer la vaccination, notamment lorsque les vaccinodromes seront mis en place, et en relais des médecins les week-ends et soirées, jusqu’en octobre ».

Pour apprendre à effectuer ce geste, « simple mais technique, un petit module de formation a pu rapidement être mis en place », notamment grâce au concours du centre de simulation Unisimes, fidèle à sa devise : Jamais la première fois sur le patient. « Il est essentiel que nos étudiants puissent se former en amont à ces gestes et se sentir utiles. Mais leur niveau d’usure et de stress est déjà élevé, notamment pour les internes. Je ne voudrais pas que cet engagement se fasse au détriment de ces années de formation, qui doivent être le plus possible préservées pour qu’ils se mettent ensuite, dans un second temps, au service de la société. »

Tout comme l’année dernière, seront exclus de cette réserve sanitaire de facto deux catégories d’étudiants en médecine à des périodes cruciales de leur cursus : ceux de première année, préparant l’exigeant passage en deuxième année, ainsi que ceux de sixième, concentrés sur l’épreuve nationale cruciale de fin d’année (Epreuves classantes nationales-ECN) déterminant leur futur choix de spécialité.

E. C.

 

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