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« Nous créons le réseau trinational du transfert de technologies »

A quoi sert KTUR, réseau de transfert de technologies et de connaissance du Rhin supérieur et comment ça marche ? Réponses avec Audrey Leclerc et Alexandra Solom, managers du réseau KTUR à l’Université de Strasbourg auprès de Michel de Mathelin, vice-président Relations avec le monde socio-économique et Valorisation.

Qu’est-ce que KTUR ?

Alexandra Solom : Ce sont les initiales pour Knowledge Transfer Upper Rhine. Il s’agit d’un réseau, créé à la fin 2019, et financé par les fonds européens Interreg. Son objectif est de renforcer le transfert de technologies et de connaissance dans la région trinationale du Rhin supérieur entre France, Suisse et Allemagne. Nous voulons faire travailler ensemble les laboratoires de recherche académiques et les entreprises, afin de faciliter le transfert de technologies. KTUR regroupe les universités d’Eucor (le Karlsruher Institut für Technologie, chef de file de KTUR, Fribourg-en-Brisgau, Haute-Alsace, Bâle et Strasbourg) et l’Université de Koblenz-Landau, ainsi que les universités de sciences appliquées de TriRhénaTech (Kaiserslautern, Karlsruhe, Offenbourg, Furtwangen, Lörrach, Suisse du nord-ouest). Le réseau est constitué de douze partenaires académiques et de nombreux partenaires associés (telles que les chambres consulaires, Conectus et autres acteurs du transfert de technologies de la région du Rhin supérieur) et implique plus largement plus de cent entreprises…

Pourquoi avoir créé ce réseau transfrontalier ?

A. S. : Quand on est proche d’une frontière, il y a toujours intérêt à aller voir ce qui se passe de l’autre côté. En ce qui nous concerne, ce sont autant d’opportunités supplémentaires de diversifier les résultats de recherche et de favoriser le transfert des innovations créées par les laboratoires vers les entreprises, sous formes de collaborations ou de création d’entreprises. Quand on se met à la place d’un investisseur, le territoire du Rhin supérieur pris dans son ensemble représente une richesse incroyable d’acteurs de la recherche et d’entreprises susceptibles d’utiliser ces innovations.

Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ? Si je crée une start-up, comment puis-je faire appel à vous ?

A. S. : Nous allons aider ce créateur à se repérer dans l’écosystème d’acteurs et de financements existant dans le Rhin supérieur. KTUR devient la porte d’entrée unique pour toute personne voulant travailler avec un laboratoire, une start-up ou un établissement d’enseignement supérieur.

Audrey Leclerc : Nous sommes en train de créer une plateforme web afin de faciliter la prise de contact entre les différents acteurs et le réseau KTUR. Elle sera opérationnelle d’ici la fin de l’été prochain. Nous venons également de publier une cartographie, qui permet à chaque personne, notamment aux créateurs d’entreprise, de trouver le bon contact et la bonne réponse à ses questions dans le réseau KTUR : quel acteur académique du réseau peut répondre à telle ou telle question. Le document est également accessible sur notre site (en cliquant sur Voir les possibilités de coopération).

Quels sont vos axes de travail ?

A. S. : Nous voulons faciliter les échanges entre les acteurs du transfert de technologies. Nous avons par exemple créé le KTUR circle, dans lequel se rencontrent les décideurs, afin d’initier au plus haut niveau la mise en cohérence de tous les acteurs. Nous avons également mis en place les modalités permettant de proposer une formation continue conjointe sur le territoire ; le premier module est d’ailleurs lancé, destiné aux ingénieurs, informaticiens ou encore statisticiens souhaitant se former au machine learning. D’autres suivront.

A. L. : Nous voulons aussi intensifier l’entrepreneuriat transfrontalier des étudiants. Une école d’été trinationale a été organisée l’été dernier. Une nouvelle aura lieu l’été prochain. Nous avons aussi mis en place des start-up talks, dédiés aux étudiants entrepreneurs, qui ont rencontré un franc succès.

Jean de Miscault

Un premier salon trinational de l’innovation

Vous organisez l’Innovation Day Upper Rhine, le 12 avril prochain. De quoi s’agit-il ?


Audrey Leclerc : C’est le premier salon trinational de l’innovation qui aura lieu le 12 avril prochain au Palais universitaire de Strasbourg. A l’occasion de cet évènement, nous accueillons également le Deeptech Tour organisé par Bpifrance. Un parcours est dédié aux chercheurs et laboratoires, un autre aux entreprises et le troisième aux entrepreneurs ou ceux qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat.

Nous aurons trois plénières : une sur la Deeptech, avec Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, une sur le développement durable avec l’intervention de Hervé Le Treut, climatologue impliqué dans les travaux du Giec, ainsi qu’une sur l’innovation dans  le domaine de la santé avec Thomas Baumert, directeur de l'Institut de recherche sur les maladies virales et hépatiques et du Laboratoire d'excellence HepSYS de l'Université de Strasbourg et professeur des universités-praticien au pôle Hépatodiges du Service d'hépatogastroentérologie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Séverine Sigrist, présidente et CEO de Defymed, biologiste cellulaire et neuroscientifique ainsi que Peter Neske, Business Innovation Lead chez Pfizer. Le prix Nobel de médecine, Jules Hoffmann, clôturera l’évènement en évoquant la manière dont l’innovation peut naître de la recherche fondamentale. Des start-up déjà primées dans le Rhin supérieur feront des présentations en lien avec ces thématiques. Enfin, des rencontres (business meetings) seront organisées toute la journée entre entreprises et chercheurs afin de créer de nouvelles collaborations, ou encore à des entrepreneurs, étudiants ou chercheurs, de rencontrer des partenaires économiques ou académiques.

Michel de Mathelin à propos de KTUR

L’Université de Strasbourg fait partie des acteurs académiques majeurs en Europe en matière d’innovation. Organisé à Strasbourg et accueillant par ailleurs le Deeptech Tour de Bpifrance, l’Innovation Day Upper Rhine constitue une opportunité unique pour les entreprises et les chercheurs de se rencontrer. Pour ces derniers, cet évènement signifie la possibilité de créer de nouvelles collaborations, chercher des partenariats et des financements, réfléchir ou initier un projet d’entreprise.

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