Université

« Notre mot d’ordre : transversalité ! »

Série 1/6. Salaires, déplacements, acquisition de matériel… A tout projet de recherche correspond un budget, et donc des dépenses… dont il s’agit de vérifier l’adéquation aux règles des financeurs, s’agissant de deniers publics. C’est ce à quoi s’attache Nicolas Bohn, chargé de justification financière à la Direction de la recherche et de la valorisation (Direv) au sein du Pôle unique d’ingénierie (PUI) de l’université. Il nous raconte les ficelles de son métier, qu’il tire avec plaisir.

« Je dois être un facilitateur ! » explique d’emblée Nicolas Bohn. Sa mission consiste à contrôler, en fin de chaîne, l’adéquation des dépenses aux règles des financeurs, dans le cadre de projets de recherche ou, plus rarement, de formation. « Il peut s’agir de bailleurs de fonds très variés : Commission européenne (autorité de gestion Interreg), Agence nationale de la recherche, Région, Eurométropole, fondations… Le plus souvent, des projets pluriannuels ! »

Ses outils, ce sont… « les tableurs Excel, pour faire dans l’originalité ! » Indispensable, quand on doit jongler au quotidien avec de multiples deadlines : « C’est d’ailleurs notre mot d’ordre », dans la petite équipe de cinq personnes, qui dépend du département Financement de la recherche de la Direv. « La justification ne se fait pas forcément en fin de contrat, parfois elle est demandée à mi-parcours. »

Fonction pivot

Vert, orange, rouge… On pourrait appliquer ce code couleur aux projets suivis par Nicolas. « Si je me rends compte que pour l’un, l’échéance approche dangereusement avec une justification loin d’être bouclée, mon rôle est de tirer la sonnette d’alarme, car on rentre vite dans des négociations opérationnelles. Selon les financeurs, il va être plus ou moins facile de négocier. A la Commission européenne ils sont intraitables, mais une petite fondation peut être plus souple. La crise Covid, qui a impacté tout le monde, a paradoxalement introduit davantage de souplesse : beaucoup de reports de deadline ont été accordées par les bailleurs. Mais cela a pour conséquence un report de charge de travail pour les mois à venir. »

Si vous lui demandez de résumer son métier, Nicolas Bohn pourrait vous dire que c’est une « fonction pivot », à la croisée d’un riche maillage d’interrelations : « Je suis sans cesse en contact avec les chargées d’affaires du PUI, qui gèrent en amont la conclusion des contrats avec les chercheurs. Et aussi avec toutes les directions métiers, ressources humaines (RH) pour la vérification des contrats, les calculs de coûts, les finances pour des problématiques d’imputation de dépenses, l’Agence comptable, la Direction des études et de la scolarité, la Direction des relations internationales… »

« On se serre les coudes »

Un relationnel qui fait tout le sel de son métier : « J’ai la chance d’être dans une équipe où on se serre les coudes. On est tous motivés, et on vient chaque matin au bureau avec le sourire, l’envie d’être là. Ça fait toute la différence. »

Une récente réorganisation du service a mis tous les chargés de justification sur un pied d’égalité : fini la spécialisation par type de contrat de recherche (national, européen, international). « On doit être capable de tout faire, ça nous a tous permis de gagner en responsabilité et de pouvoir former tout nouvel arrivant. C’est responsabilisant, on sent que nos supérieurs nous font confiance, c’est important pour la relation de travail. »

Investissement, amortissement, facturation, lignes budgétaires, échéancier… Un vocabulaire qui vous donne des sueurs froides ? C’est le contraire pour Nicolas Bohn ! « Les chiffres, ce sont même mes premières amours ! » Après une éprouvante expérience dans les ressources humaines, dans le privé, il choisit d’y revenir avec plaisir. En poste depuis presqu’un an – « majoritairement en télétravail pour cause de Covid, ça m’a fait apprendre deux fois plus vite ! » – le chargé de justification financière cite aussi avec plaisir « les récentes réunions de rencontre avec les gestionnaires de laboratoires. Mettre un visage sur un nom, ça change la relation, surtout pour nous qui avons le nez dans les chiffres toute la journée ! Pour eux, je ne suis plus seulement un numéro de téléphone et un prénom, et inversement. Ça va permettre de mettre de l’huile dans les rouages. On leur a expliqué nos contraintes, et eux leur fonctionnement. Au final, on est tous dans le même bateau, on travaille au service du même projet ! »

Elsa Collobert

Les métiers de la recherche et de la valorisation vous ouvrent leurs portes

Si l’on vous dit « recherche »… Vous pensez immédiatement blouses blanches, sorbonnes, microscope, enquêtes de terrain et équations complexes. Mais pas de recherche sans fonctions support, rassemblées à l’Université de Strasbourg au sein de la Direction de la recherche et de la valorisation (Direv).

Des « métiers de l’ombre », comme le dit si bien Nicolas Bohn, interviewé pour ce premier épisode, à la rencontre desquels nous sommes allés. Méconnus, mais ô combien nécessaires !

Après les métiers du numérique, ceux de la Direction des affaires logistiques intérieures (Dali), des finances et des bibliothèques, partez à leur rencontre à travers six portraits, distillés en 2022 !

Prochains épisodes à retrouver dans Savoir(s) le quotidien à partir du 8 mars !

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