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Claudia Gluck carbure au crossfit

De l’énergie, Claudia Gluck en a à revendre : il en faut pour cumuler entraînement intensif, compétition et formation en alternance. En crossfit, discipline sportive en plein boom, l’étudiante de 23 ans s’est taillé à la force du poignet (et de tous les autres muscles !) une jolie place parmi les meilleurs. Rencontre.

Même si la musculature, les enchaînements et les poids soulevés par certains athlètes impressionnent, Claudia Gluck l’assure : « Le crossfit, c’est accessible tout le monde ! » Basé sur des mouvements de la vie de tous les jours, on peut choisir de le pratiquer à plus ou moins haute intensité. Claudia, elle, a converti presque toute sa famille : « Ma maman et ma marraine se sont inscrites à la salle de mon copain Basile, Tribok à Brumath ». Petit ami lui-même rencontré… lors d’une compétition de crossfit ! Isabelle et Luc, son entraîneur, sont ses meilleurs amis et les propriétaires de la salle de ses débuts, à Colmar.

Le crossfit, c’est donc une grande histoire d’amour pour Claudia. Pourtant il y a six ans, elle n’en avait encore jamais entendu parler. « Plus jeune, j’ai commencé la gymnastique rythmique. » Douze ans de pratique qui l’emmènent jusqu’en championnat de France, et un titre décroché en équipe en 2009. Mais c’est le crossfit qui l’épanouit le plus.

Coup de foudre

Le coup de foudre a lieu en 2016. « A la fin du lycée, de retour d’un séjour aux Etats-Unis où j’avais testé la boxe avec une amie, je recherchais un club. » Réorientée par son coach, elle découvre son potentiel en fitness plutôt qu’en sport de combat. « Le jour de ma rentrée à l’IUT de Colmar, je suis allée directement à la salle de crossfit »… pour ne plus en ressortir !

Elle y retrouve des sensations de la gym – « le côté artistique et l’appréhension de ton corps, ton outil, dans l’espace » - en plus gratifiant. « En crossfit, tu as plus de temps pour prouver ce que tu sais faire. Je n’ai jamais eu de problème de confiance ou avec mon corps, mais ça m’a fait gagner en assurance. Tu vois très vite tes capacités et tes progrès. » L’effet de groupe aidant, elle commence la compétition en 2019, année de son retour à Strasbourg pour les études, et décroche rapidement une 3e place ex-aequo dans une compétition réputée, en mai.

4e aux Mondiaux de Stockholm

Derrière la marque crossfit (lire encadré), pas de fédération mais différents circuits de compétition. « Les épreuves de qualification consistent à se filmer sur un enchaînement de mouvements. Sur cette base, les meilleurs sont sélectionnés et rejoignent différentes étapes, jusqu’à la finale », explique Claudia. Lors des derniers mondiaux de fitness fonctionnel (« Un circuit parallèle au top du top, mais qui permet tout de même bien de se situer »), en novembre dernier, à Stockholm, elle termine 4e. Et est classée meilleure française lors d’une autre compétition, les Marseille Throwdown, cet été.

« J’espère bien faire encore mieux que ça cette année ! » Elle s’y astreint lors d’un entraînement rigoureux de « quinze à vingt heures par semaine », sur le temps libre que lui laissent ses études en alternance, entre l’EM Strasbourg et l’entreprise Sfereno de conseil en rénovation énergétique. Le tout complété, quand il reste un peu de temps, de séances de course à pied et de natation. Côté alimentation, « j’essaie de manger plus équilibré mais je ne m’empêche pas de me faire plaisir ! »

Présente sur Instagram (2 500 followers tout de même !), réseau social qui fait la part belle aux crossfitteurs et autres adeptes du fitness, Claudia assure toutefois préférer « l’entraînement à l’exposition sur les réseaux sociaux. Je le fais surtout pour partager ce que je fais avec mes proches ». Et pour le futur ? Elle garde la tête sur les épaules. Lucide et modeste, elle confie : « C’est très dur d’en faire sa vie. Pourquoi pas ouvrir une salle, mais pour l’heure je préfère garder plusieurs atouts dans ma manche et terminer mon master, ça me plaît. Je ne pense pas avoir un potentiel particulier. Je m'entraîne juste pour m’améliorer un peu chaque jour. La route est encore longue ! »

Elsa Collobert

Le crossfit pour les nuls

Squats, burpees, boxjump… Même si vous n’êtes pas (encore) adepte du crossfit, vous avez forcément déjà entendu ces termes. Né dans les années 1970 aux Etats-Unis, il s’agit d’une marque et non d’un sport officiel – pas de fédération, ni de discipline olympique, raison pour laquelle Claudia n’a pu obtenir le statut de sportive de haut niveau à l’université et doit donc financer elle-même la majorité de ses frais de compétition, avec l’aide d’un sponsor.

Cela n’empêche pas le crossfit de se démocratiser à vitesse grand V et de faire de plus en plus d’adeptes, notamment des femmes, dans le sillage du succès des salles de fitness où il se pratique.

On y retrouve des composantes de gymnastique, de musculation, du cardio, des tractions, des pompes du rameur… « Un sport très complet et jamais lassant ! »

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