Université

Opus, pour un continuum entre université et société

Lauréat d’un appel à projets PIA 3, avec pour signe particulier d’être co-porté par deux vice-présidents, le projet Opus (OPen University of Strasbourg) vise à davantage structurer les relations de l’université avec son environnement – citoyens, société civile, monde socio-économique. Une nouvelle direction va notamment être créée au sein de l'université. Les explications de Michel de Mathelin et Mathieu Schneider.

Qu’est-ce que le projet Opus ? Quel a été le contexte de son adoption ? Ses objectifs ?

Michel de Mathelin : Nous avons construit le projet Opus en réponse à l’appel à projet Idées (Intégration et développement des Idex et des I-site) du Programme d'investissements d’avenir (PIA) 3, en mars 2020. Dans le même temps, l’Université de Strasbourg candidatait à un autre appel à projet, Structuration de la formation par la recherche dans les initiatives d’excellence (SFRI), avec le projet Stratus, qui vise à renforcer fortement l’axe formation et recherche au travers des Instituts thématiques interdisciplinaires (ITI). Ces deux projets devant être complémentaires, nous avons choisi, pour Opus, de nous positionner sur l’ouverture de l’université à la société… Le 1er juillet 2020, nous avons appris que nous étions lauréats de ces deux appels à projets.

Mathieu Schneider : Cette ouverture à la société est vraiment dans l’air du temps, dans toutes les universités en Europe depuis une vingtaine d’années. On lui a même trouvé un nom : « la troisième mission », un terme fourre-tout qui désigne tout ce qui ne relève ni de la formation, ni de la recherche. L’objectif d’Opus est de nous permettre de structurer cette « troisième mission » autour d’une stratégie propre à l’Unistra. Il existe déjà beaucoup d’initiatives et d’actions au sein de notre université : diffusion de la science, recherches participatives, engagement étudiant, entrepreneuriat étudiant, valorisation, etc. Tous ces projets en relation avec les différents acteurs de la société doivent trouver une convergence au sein d’Opus, sans pour autant perdre leur spécificité.

Concrètement, l’objectif d’Opus est de mettre l’université en capacité de s’ouvrir davantage à la société et de mieux interagir avec ces différents types d’acteurs, et cela fonctionne dans les deux sens. A plus long terme, il est envisagé de créer un service dédié (lire encadré).

Très concrètement, comment Opus va-t-il se mettre en place ?

M. de M. : Dans un premier temps, nous sommes en train de recruter une équipe dédiée pour Opus : une responsable du projet (Emeline Dufrennoy), une chargée de communication (Elena Iuliani), un assistant administratif, trois chargés de projets et un responsable des tiers-lieux. En effet, Opus porte également des projets de tiers-lieux susceptibles de favoriser les rencontres université-société : un citizen-lab, une maison de l’entrepreneuriat, un réseau de fab-labs en lien avec les composantes de l’Université. L’équipe d’Opus travaille à la définition d’une offre de services en interne dans l’université.

M. S. : L’idée avec ce projet est de nous doter de capacités administratives, techniques et d’ingénierie, là où elles manquent dans les labos ou les composantes. Les ressources d’Opus seront également mises à contribution pour accompagner des thématiques sociales émergentes transversales dans l’université, comme le développement durable. Celles-ci vont mécaniquement générer de nouveaux projets, que nous construirons avec un écosystème diversifié de partenaires. Opus agira aussi comme un catalyseur pour « booster » des projets existants, comme les sciences participatives (par définition un objet de rencontre université-société), le montage de start-up, le transfert de technologie. En d’autres termes, il s’agit de connecter les savoirs.

Quels sont ces partenaires que vous évoquez ?

M. S. : Nos partenaires habituels – institutionnels – mais aussi associatifs. Un réservoir très riche, dans lequel nous ne puisons sans doute pas assez aujourd’hui. Dans certains pays d’Europe, des binômes université-ville se sont constitués pour monter des projets communs. Cela peut être une piste pour nous. L’idée est de renverser la logique en co-construisant des projets, non plus en se positionnant comme prescripteur allant chercher ses partenaires en fonction de ses besoins.

M. de M. : N’oublions pas les entreprises – de toutes tailles, start-up, PME, grands groupes. Pour ce qui est de l’accélération du passage de la recherche à l’innovation, nous pourrons également nous appuyer sur la récente labellisation « Pôle universitaire d’innovation » (PUI) de notre université.

Propos recueillis par Elsa Collobert et Caroline Laplane

En chiffres

Dimensionné pour une durée de 8 ans, le projet Opus est doté d’un budget de 28 millions d’euros : 7 millions du PIA, en complément des 21 millions d’euros déjà consentis par l’université sur ces domaines qui forment une partie de la « troisième mission ».

A terme, la création d’une nouvelle direction

Pour accompagner la communauté universitaire dans le déploiement d’Opus, la structuration de cette « troisième mission » se concrétisera par la création d’une direction dédiée dans l’université. Elle aura vocation à regrouper tous les services qui concourent à la relation avec la société et sera co-construite avec ces services, en collaboration avec la Direction générale des services (DGS). « Sans doute, cette nouvelle dynamique verra émerger de nouveaux métiers. Pour l’instant, nous n’avons pas prédéfini les contours de cette nouvelle direction », souligne Michel de Mathelin.

Un premier séminaire de lancement est organisé en janvier 2022, avec les services et ressources concernés. « C’est bien d’avoir un peu de temps pour laisser le projet incuber. Ainsi les différents acteurs pourront prendre des habitudes de travail en commun, qui n’existent pas forcément actuellement », complète Mathieu Schneider.

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