Université

« Notre complémentarité appelait un rapprochement »

Tous deux dédiés à faire progresser la culture scientifique, la Maison pour la science en Alsace (MSA) et le Jardin des sciences (JDS) se sont rapprochés voilà un an et demi, la première intégrant le second. Pour un bénéfice mutuel. Le tour de la question avec François Bernier et Sébastien Soubiran, directeurs des deux structures.

Pourquoi un tel rapprochement ?

François Bernier (directeur de la MSA) : Depuis sa création en 2012, la MSA reste proche du JDS, qui a participé à sa création. Nous poursuivons un but commun : renforcer l’appropriation de la culture scientifique et technique et de la recherche actuelle. Le JDS par des actions de médiation, auprès des élèves et du grand public ; nous au service des professeurs du premier et du second degré. Mais au final cette division est artificielle, notre cible ultime restant l’élève, avec le professeur comme intermédiaire.

Sébastien Soubiran (directeur du JDS) : Nos actions étant potentiellement toutes complémentaires, notre rapprochement, effectif depuis le 1er septembre 2020, était cohérent. En articulant davantage les actions de formation et de médiation, nous pourrons leur donner davantage d’écho, les prolonger dans le temps.

F. B. : Cela passe notamment par la multiplication des projets au long cours, du type de celui mené en 2016-2017, « Embarquez en Antarctique », ou les projets d’établissement déjà menés avec certains collèges.

La fusion introduit-elle un nouveau fonctionnement ?

F. B. : Nous conservons notre autonomie, ainsi que notre budget, un peu comme dans un système fédéral à l’américaine. Nous intégrons le JDS, il ne nous absorbe pas ! C’est important, car nous faisons partie d’un réseau national de Maisons pour la science (lire encadré). Cela nous permet d’atteindre une certaine taille critique, car nous sommes à la fois une petite et une grande équipe (lien vers encadré chiffres). Même avant ce mariage, nous partagions le même toit avec le JDS, dans l’Institut de zoologie (boulevard de la Victoire, locaux communs avec le Musée zoologique). Paradoxalement, on s’éloigne physiquement de ce lieu alors même que le rapprochement est acté, mais ce n’est que temporaire. Une fois les travaux du musée terminés, on partagera véritablement les mêmes locaux. C’est important car beaucoup de projets communs se décident de façon informelle. En plus de nous simplifier la vie pour des aspects pratiques (administratifs, informatiques), cette mutualisation de moyens va nous permettre d’aller plus loin et de faire plus.

S. S. : Ce rapprochement correspondait à un souhait de notre part de faciliter le dialogue, l’échange et les projets communs, tout en gardant l’identité propre des deux structures.

Quels sont ces projets à mener ?

F. B. : Il s’agit surtout de reprendre les choses là où la crise de la Covid les a arrêtées ! Notamment le dialogue avec le rectorat et l’Inspé. Ou encore nos projets structurants, comme l’agenda santé ou le développement de fablabs en collège. La semaine prochaine aura lieu une formation Graine de sciences de trois jours, « Allô la Terre, ici l’espace », destinée à 25 enseignants encadrés par des formateurs du JDS et de la MSA. Si notre intégration au JDS participe de notre pérennisation, continuer à nous faire connaître auprès des enseignants aussi. On considère qu’encore la moitié ignore notre existence.

S. S. : N’oublions pas qu’à la rentrée, nous ne savions pas si nous allions pouvoir reprendre nos formations, si les classes seraient au rendez-vous !

F. B. : Enfin, nous pouvons citer deux nouveaux projets autour de la notion-clé de résistance de bactéries pathogènes à des antibiotiques. Un projet Noria (Nouvelle orientation post-bac en Alsace), pour lequel nous disposons déjà des financements et qui consiste à améliorer le lien entre les lycéens et le monde de la recherche. Un autre, Erasmus+, tout juste déposé, et qui vise à développer du matériel pédagogique innovant avec plusieurs partenaires européens.

Propos recueillis par Elsa Collobert

Un modèle alsacien original

Propulsée au départ grâce à un financement des Investissements d'avenir, la Maison pour la science en Alsace fait partie d’un réseau national, coordonné par la fondation La main à la pâte. Si la plupart des membres du réseau ont fait le choix de rattachement à un partenaire naturel, l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé) local, Strasbourg a fait un choix original : celui de fonctionner plutôt en binôme avec la structure universitaire de médiation scientifique, le Jardin des sciences. Une spécificité locale, qui explique une orientation un peu plus tournée vers le dialogue science et société que vers la formation.

Panorama chiffré

Les quatre premières Maisons pour la science, dont celle d’Alsace, sont créées en 2012, intégrées dans un réseau. Strasbourg et Toulouse sont pilotes.

En 2018, François Bernier, auparavant formateur pour la structure, prend sa direction.

L’équipe de la Maison pour la science Alsace est à la fois grande et petite : 2 équivalents temps plein, mais une trentaine de personnes si l’on compte les intervenants bénéficiant d’une décharge de service, enseignants du primaire, de collège, de lycée, enseignants-chercheurs, conseillers pédagogiques, inspecteurs…

Le réseau a bien grandi et compte aujourd’hui 12 MSA (bientôt 14)

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