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Inauguration du CRBS : « Mieux comprendre et traiter les maladies humaines »

Le Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg (CRBS) a été officiellement inauguré mardi 19 octobre. Neurosciences, immunologie, médecine régénérative, cancer… Il regroupe dix laboratoires publics de recherche médicale et en sciences du vivant, pour un coût total d’une quarantaine de millions d’euros.

« Les grands mots, c’est aussi "enfin" et "merci" », souligne dans son discours Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg. Enfin, le CRBS inaugurait ses locaux ce mardi 19 octobre, avec trois ans de retard, notamment en raison de la crise de la Covid-19. Des locaux de conception bioclimatique, situés entre la Petite France et l’Hôpital civil, efficaces et flexibles, comme le précisent ses architectes.

Formé en rond autour d’un atrium central ouvert baptisé la « ronde des chercheurs », le CRBS dispose de sept niveaux avec des espaces de rencontre pour favoriser les interactions. « Ici, les chercheurs se voient sur un étage mais aussi d’un étage à un autre », souligne Guillaume Delemazure, architecte.

Dans ses murs, quelque 300 personnes et dix unités de recherches, deux unités de recherche Unistra et huit unités mixtes Unistra-Inserm, essentiellement celles qui occupaient le bâtiment 3 de la Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé. « Le bâtiment est construit comme un institut plurithématique, avec comme point commun de mieux comprendre et mieux traiter les maladies humaines », précise Luc Dupuis, son directeur. Le tout, géré par une unité mixte de service.

Une trachée biologique

Parmi la centaine de chercheurs du CRBS, Philippe Lavalle, directeur adjoint de l’unité 1121 Biomatériaux et bioingénierie, ouvre les portes de son laboratoire. Direction le cinquième étage, qu’il partage avec l’unité 1109 Immuno-rhumatologie moléculaire. « Le déménagement s’est fait il y a un an, durant deux mois, en raison notamment de la lourdeur de certains équipements. Ceux qui ont de la chance voient la cathédrale », glisse Nathalie Christophe, responsable administrative du CRBS.

Dans le laboratoire, une imprimante 3D permet de reproduire des organes, à l’image d’une trachée artificielle sur laquelle travaille l’équipe. « Nous partons d’un tube sur lequel les cellules sont mises en culture, afin qu’elles forment une trachée. » Objectif : réaliser un implant entièrement biologique pour les personnes souffrant d’un cancer de cet organe. Une innovation brevetée il y a un an.

Le bâtiment héberge également deux start-up, dont celle co-fondée par Philippe Lavalle, Spartha Medical. Elle développe des revêtements antimicrobiens à destination de dispositifs médicaux comme un filet pour la hernie ou même des cosmétiques.

De la recherche à la clinique

Stéréomicroscope, champ large, confocal, au rez-de-chaussée, le CRBS accueille PIC-STRA, une plateforme de 350 m2 proposant différents systèmes d’imagerie. Systèmes permettant de travailler sur des échantillons morts mais aussi des animaux vivants. Le sous-sol de 1 500 m2, quant à lui, attend encore l’animalerie qui sera transférée en 2022. Elle comportera deux zones, dont une de niveau sanitaire élevé.

Côté spécificité, le CRBS héberge un service clinique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, l'Institut de génétique médicale d'Alsace (Igma). Il reçoit des patients atteints de maladies rares. L’idée étant de raccourcir les délais entre recherche et clinique. Un élément omniprésent dans l’architecture même du bâtiment des quatre coins duquel « l’hôpital est visible pour que malades et recherche se rejoignent », comme le rappelle Michel Deneken.

Marion Riegert (article initialement paru sur le site recherche.unistra.fr)

Un positionnement architectural fort

Posté tel une sentinelle sud de l’Hôpital civil, voisin du Nouvel hôpital civil (NHC), le CRBS constitue un geste architectural fort. Celui voulu par ses concepteurs, les agences Groupe-6 et dea architectes, en lien étroit avec ses futurs occupants et la DPI de l’université.

La silhouette du CRBS se démarque par la palette de couleurs qui anime sa façade, camaïeu déclinant le jaune-orangé jusqu’au vert, en passant par le gris. Un écho aux toitures alsaciennes voisines. Un choix loin de se limiter à une coquetterie esthétique : le projet met en effet l’accent sur la gestion des flux d’énergie, avec une solution combinant géothermie et bardage extérieur en aluminium coloré. En plus de constituer la signature visuelle du bâtiment, ces lamelles, fixes et mobiles (stores orientables à l’emplacement des fenêtres) apportent un confort d’usage aux chercheurs, et viennent réchauffer la lumière des espaces de travail, blancs et sobres. Ils permettent une surventilation nocturne. Le bâtiment est en effet pensé comme un écosystème vivant, capable de réguler de manière passive la température des espaces de travail. Composante centrale de cette respiration, le patio absorbe l’air frais de la façade poreuse et l’évacue par le toit.

« Stimuler l’interaction scientifique »

 Jacky Goetz, responsable de l’équipe Biomécanique des tumeurs de Strasbourg

L’intérêt c’est l’interaction et une ouverture sur des thématiques que l’on n’a pas l’habitude d’aborder avec des personnes qui font des neurosciences ou encore travaillent sur des biomatériaux. Sans oublier un accès à une infrastructure efficace. Avant, j’avais mes étudiants quasiment sur les genoux. Ce nouvel environnement de travail permet d’inviter des personnes, des acteurs internationaux, de stimuler l’interaction scientifique. Il ne faut pas que tout le monde reste cloisonné, j’essaye déjà de voir s’il peut y avoir un croisement entre différentes disciplines.

En chiffres

  • 40,45 M€ soit le budget total de l’opération : 33,45 M€ pour les travaux, dont le désamiantage et la démolition du bâtiment 4 qui occupait précédemment la parcelle, et 7 M€ pour les honoraires.
  • 6 partenaires : le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la Région Grand Est, la Collectivité européenne d’Alsace, l’Eurométropole de Strasbourg, l’Inserm et l’Université de Strasbourg.
  • 10 laboratoires de recherche.
  • 3 300 m2 de laboratoires de haute technicité et de bureaux de chercheurs.
  • 2 000 m² d’espaces techniques et logistiques.
  • 1 000 m² pour l’Institut génétique médicale d’Alsace - Igma (RDC et N1).
  • 3 000 m² de circulation.
  • Un espace de 1 000 m² restant à aménager au 6e étage.
  • 2 start-up : Spartha Medical et Lamina Therapeutics.

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