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Evaluation Hcéres : une démarche qualité à l’échelle de l’établissement

Stratégie, formation, recherche, gouvernance... Le processus d'autoévaluation de l'université qui s'ouvre est déterminant pour les orientations données aux cinq années à venir. Catherine Florentz et François Gauer, vice-présidents (Prospective et actions stratégiques / Politique numérique et démarche qualité) décryptent la démarche.

L’université vient de rentrer dans la phase de préparation du rapport d’autoévaluation, première étape d’un processus qui aboutira en 2023 avec la publication du rapport d’évaluation de l'établissement par le Haut conseil de l’évaluation, de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), point d’appui à la rédaction du prochain contrat quinquennal (2024-2028) qui le lie au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri). Le rapport d’autoévaluation sera déposé en juin 2022.

« Il ne peut pas y avoir une évaluation de qualité sans une autoévaluation de qualité », indique d’emblée François Gauer, vice-président Politique numérique et démarche qualité. C’est là tout le principe de l’évaluation par le Hcéres. En premier lieu, l’université procède à sa propre évaluation, qui comporte trois niveaux. Le premier est à l’échelle de la stratégie de l’établissement et répond à la question : « Est-ce que notre organisation interne nous permet d’être le plus efficace possible au service de nos missions ? » Les deux autres se situent à un niveau de précision plus fin. Du point de vue de la formation, il s’agit de passer chacune d’elles au crible selon des critères précis. Il en va de même pour le volet recherche, où c’est chaque unité de recherche qui est analysée. « Au final, l’ensemble de ces éléments nous permet de voir si la déclinaison de notre stratégie est à la hauteur de nos attentes, en relevant nos forces comme nos faiblesses », ajoute Catherine Florentz, vice-présidente Prospective et actions stratégiques.

1. Trois mois de travail préparatoire

Une équipe projet a été constituée. Elle regroupe la vice-présidente Prospective et actions stratégiques, le vice-président Politique numérique et démarche qualité, la Directrice générale des services, Valérie Gibert, le directeur de la Direction pilotage et amélioration continue (DPAC), Jean-Emmanuel Rudio et la directrice de la Mission prospective et stratégie (MIPS), Audrey Kost. Cette équipe se charge de coordonner les groupes de travail. Ils sont plus de 25 et couvrent l’ensemble des missions et activités de l’université : ressources, vie étudiante, stratégie, Idex, formation, gouvernance, qualité, international, réussite étudiante, etc. « Dans un premier temps, les groupes sont constitués d’acteurs en capacité de fournir des données. Il s’agit de dresser un bilan, avant d’élargir les groupes pour mener les analyses », commente Catherine Florentz. Tout le travail d’autoévalutation s’appuie des grilles de référentiels établies par le Hcéres (lire encadré).

2. Trois mois de production de rédaction

En fonction des critères demandés par le Hcéres, un rapport d’autoévaluation d’une soixantaine de pages va être produit. « Ce rapport d’autoévaluation exprime ce que nous disons de nous-mêmes. C’est un bilan introspectif de ce que nous sommes », ajoute François Gauer.

3. Trois mois de vie institutionnelle avec des échanges

Le rapport d’autoévaluation de l’établissement est ensuite présenté à la Commission de la recherche et à la Commission de la formation et de la vie universitaire. Un congrès exceptionnel est également programmé pour aborder ce point qui sera finalement partagé et voté par le Conseil d’administration.

L’échéance pour rendre ce rapport au Hcéres est fixée au 15 juin. Sur la base de ce premier rapport, le comité (formé de pairs) organise le programme de ses entretiens dans le courant de l’automne prochain, et détermine les points qu’il souhaite approfondir. « Jusqu’à présent, le comité venait exclusivement sur place. L’expérience de la crise de la Covid-19 a abouti à la création d’une formule hybride. Certains échanges se feront en présentiel, d’autres en distanciel. L’objectif de ces entretiens n’est pas seulement de toucher quelques vice-présidents mais bien d’élargir les rencontres aux enseignants-chercheurs, aux étudiants, aux doctorants, aux élus et aux personnels administratifs et techniques dans les services. Le nombre d’entretiens peut atteindre 60-70 », commente François Gauer.

« Ce processus d’autoévaluation et d’évaluation est un point d’étape très important pour notre établissement, précise Catherine Florentz. Il nous aide à préciser, à renforcer ou à faire évoluer notre orientation stratégique, en complément de Cap 2030. Au niveau de la recherche, cela se conjugue avec nos partenaires. Le bilan est fait avec eux. On sort de notre écrin. Cela nous permet également de nous repositionner par rapport à ce qui se passe ailleurs France, les rapports d’évaluation de l’ensemble des universités étant publics. »

Caroline Laplane et Frédéric Zinck

Des critères évolutifs

Le Hcéres a annoncé son intention de modifier sensiblement les grilles d’autoévaluation fournies aux établissements. « Différentes réunions ont été organisées avec le Hcéres pour qu’ils nous exposent les premières lignes de leurs attentes, que ce soit du point de vue de l’établissement, de la recherche et de la formation. Ce sont des échanges importants, qui permettent de faire évoluer et d’ajuster certaines demandes, afin qu’il n’y ait pas de demandes impossibles à satisfaire, par exemple », explique François Gauer. Des échanges de même nature ont également eu lieu avec la Conférence des présidents d’université (CPU) et l’association Udice, qui regroupe dix universités françaises de recherche intensive et d’excellence.

Rappel des grandes étapes

Année universitaire 2021-2022 : phase d'autoévaluation par l'Unistra en trois étapes.

Juin 2022 : le rapport d’autoévaluation de l’établissement est transmis au Haut conseil de l’évaluation, de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres).

2023 : le Hcéres remet son rapport d'évaluation à l'Unistra.

Janvier 2024 : entrée en vigueur du nouveau contrat quinquennal qui lie l'Unistra au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri).

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