Focus

Qui sont les étudiants « aidants » de la rentrée 2021 ?

En ce mois de septembre marqué par un retour à 100 % sur les campus – mais dans un contexte toujours incertain – un accent tout particulier est porté sur l’aide et l’accompagnement des étudiants, éprouvés par la pandémie. Entre helpers, boussoles, brigades sanitaires et autres tuteurs, on vous aide à vous y retrouver parmi ces différentes tribus d’ « aidants ». Bonne rentrée à tous !

Les « helpers »

« Nous sommes quatre, nouvellement embauchés cette année. Notre rôle ? Pendant la rentrée, nous quadrillons le campus pour aller à la rencontre des étudiants un peu perdus. Chacun sa zone ! Nous sommes chargés de les orienter vers les manifestations de rentrée. On nous a prévenus que plus d’un risquait d’être surpris par la "disparition" du Platane, rasé avant l’été, où on trouve d’habitude le guichet multiservices. Celui-ci a été relocalisé au Patio. On ne va donc pas aider que les nouveaux arrivants ! En tant qu’ "anciens" étudiants, on pourra aussi répondre à leurs premières demandes, du type "où se situe tel ou tel bâtiment". »

  • Combien ? 4
  • Comment les identifier ? Casquette jaune « team SVU »

Les étudiants helpers sont embauchés et formés par le Service de la vie universitaire (SVU). A noter que comme chaque année, une vingtaine d’étudiants travaillent aussi à orienter leurs pairs sur le guichet multiservices et, plus généralement, sur tous les événements de rentrée. Ils participeront ensuite à l’organisation d'événements de l’université, le reste de l’année. Egalement embauchés par le SVU, ils sont repérables à leur brassard « team SVU ».

Les « boussoles »

« Avec mes quatre collègues, on sillonne le campus Esplanade pendant six jours, du 1er au 8 septembre. Notre mission est d'abord de présenter les services numériques utiles à tout étudiant, comme Moodle, Feu, etc. On distribue des flyers de présentation. Plutôt utile, puisque moi-même, je ne connaissais pas tout ! Bien sûr, on répond aussi à leurs questions plus générales, comme sur Izly, le Crous, les bourses, la différence entre inscriptions pédagogiques et administratives...

Pendant notre premier jour, mercredi 1er, on a par exemple répondu aux questions d'une jeune sortant du bac, elle débarquait de Toulouse et ne connaissait pas du tout la ville, ni le campus. Ça rassure, je pense, de tomber sur des étudiants comme nous, formés à répondre à leurs questions, et aussi prêts à leur donner nos "tips" d'étudiants strasbourgeois – pour ma part je suis cette année à la Haute école des arts du Rhin (Hear), mais l'année dernière j'étais étudiante à l'Université de Strasbourg, donc je connais plutôt bien le campus. Ça va aussi plus loin que juste répondre aux questions d'orientation, même si certains nous prennent un peu pour des plans sur pattes, avec nos tee-shirts "boussole" !

Cette fin de semaine était plutôt calme, mais on s'attend à avoir beaucoup plus de demandes la prochaine ! »

Les étudiants boussoles sont embauchés et formés par l’Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip), dans le cadre des actions de rentrée du Pôle d'appui à la réussite étudiante.

  • Combien ? 5
  • Comment les identifier ? Tee-shirt blanc floqué « boussole »
     

Les « brigades sanitaires »

« Les brigades sanitaires existent depuis l’année dernière, mais pour ma part, c’est la première fois que je vais assumer cette responsabilité. Notre mission auprès des autres étudiants est simple : inciter à la vaccination et rappeler le respect des gestes barrières – port du masque, respect des sens de circulation, passage des mains au gel hydroalcoolique à l’entrée des bâtiments et des salles de cours. On ira aussi à leur rencontre, pour leur indiquer où ils peuvent effectuer des tests antigéniques gratuits, afin d'assister à des événements sur le campus, par exemple. On commence à la rentrée, et la mission se poursuit pendant toute l'année universitaire.

Ça a été plutôt évident de m’engager : il faut tout faire pour ne pas revivre le cauchemar de l'an dernier et le tout distanciel ! Je ne pense pas être la seule à l’avoir mal vécu. Le contact ne me fait pas peur, au contraire, j’adore ça. Je suis engagée dans plusieurs associations, en particulier pour du soutien scolaire. Le relationnel est très important, avec les enfants mais aussi leurs parents.

En tant qu’étudiante en 2e année de pharmacie (après une licence chimie-biologie), je me sens bien armée pour répondre aux sceptiques sur le fonctionnement de la vaccination ou sur des questions d’immunologie ! Je le vois comme l'application pratique de mes études à la vie quotidienne. Et aussi un entraînement pour la suite, car les pharmaciens ont aussi un travail de sensibilisation à mener.

Et comme je suis venue du Maroc à Strasbourg, je pense avoir développé une certaine faculté d'adaptation : relever ce nouveau défi ne me fait pas peur ! »

Les brigades sanitaires sont embauchées par le Service de la vie universitaire (SVU), et formées par le Service de santé universitaire (SSU).

  • Combien ? Une quarantaine
  • Comment les identifier ? Chasuble verte

Les « médiateurs LAC » (lutte anti-Covid)

Si les brigades correspondent au niveau 1 de la prévention contre la Covid, alors les médiateurs LAC sont au niveau 2.

31 d’entre eux, étudiants à la Faculté de pharmacie, ont déjà bénéficié d'une formation d'une journée, assurée par la Fédération française de sauvetage et de secourisme (FFSS), en collaboration avec l’Agence régionale de santé (ARS) et la Faculté de pharmacie. Ils sont intervenus pendant l’été sur des événements tels que les Internationaux de Strasbourg. Ils seront rejoints après la rentrée par trois nouvelles recrues étudiantes, issues des rangs des brigades sanitaires. Vous avez pu croiser quelques médiateurs LAC, non étudiants, sur le Village des services, jeudi 2 septembre.

Les médiateurs LAC sont embauchés par l’ARS, formés par la FFSS, l'ARS et le SSU.

Les étudiants « Rescue »

« Dans la dernière ligne droite pour obtenir mon diplôme d’ingénieur à l’ECPM (3e année), je m’investis aussi comme étudiant relais Rescue. C’est la deuxième année que je le fais, et ça m’a beaucoup plu l’année dernière. Cela consiste à me tenir à l’écoute de mes camarades en difficulté, et à les orienter vers les structures adéquates. On a une adresse « professionnelle » sur laquelle on nous contacte. Je privilégie la rencontre en face-à-face (ce qui n’était pas possible pendant le confinement), mais uniquement sur mon campus, celui de Cronenbourg. Il faut avant tout créer un lien de confiance, et cela passe aussi par la discrétion voire la confidentialité, car on se confie à nous, que ce soit pour des problèmes d'ordre psychologique, social, économique, pédagogique.

Une partie de la mission est aussi de faire de la prévention, comme par exemple quand un dépistage est organisé par le Service de santé universitaire (SSU). Par ce biais, on fait aussi connaître toutes les possibilités offertes par l’université, qui sont très larges. J'en ai moi-même découvert certaines !

Comme ce n’est pas une mission qui est toujours facile, on se rencontre régulièrement entre relais Rescue et on se donne des conseils. Par exemple, pour un étudiant étranger qui avait un souci administratif, une autre Rescue m’a parlé des groupes Facebook destinés aux étudiants étrangers à Strasbourg. On est aussi suivis et conseillés par les psychologues du Centre d'accueil médico-psychologique universitaire de Strasbourg (Camus), ce qui est rassurant ! »

Les étudiants Rescue sont embauchés par le SSU, formés par le SSU et Camus (mais aussi la vice-présidence Egalité, parité, diversité, la Caisse primaire d'assurance maladie...).

Les tuteurs « Répare »

« J’ai été tutrice dans ma faculté l’année dernière, et je rempile cette année, pour ma 3e année de licence (L3). En L2, l’an dernier, je me suis imaginée à la place d’un nouvel arrivant qui se retrouve tout de suite en distanciel (en 1ère année, j’ai connu le confinement à partir de mars). Je me suis dit que j’aurais bien aimé avoir une aide, dans ce cas-là. Et comme j'avais l'impression de ne pas trop mal vivre la situation, contrairement à certains proches, j'ai décidé de proposer mon aide, à mon échelle.

L’idée est avant tout de proposer un lien social, de ne pas laisser seuls ceux qui souffraient le plus. Avec les étudiants volontaires, on s’est d'abord rassemblés pour faire des jeux de société, du sport, un blind test, ou même un goûter. En plus de ces réunions en groupes, nous proposions un soutien plus individualisé. Nous avons été formés à réorienter ceux dont les difficultés étaient d'ordre psychologique, financière... Car nous les tuteurs Répare, on ne sait et ne peut pas tout ! Ces échanges se faisaient la plupart du temps en visio : certains étudiants étaient dans d'autres pays, et le tutorat Répare restait l'un de leurs seuls liens avec l'université !

Maintenir un pied dans la fac, garder en ligne de mire pourquoi on avait choisi ces études ou là où on allait bientôt revenir... Au final, tous ceux qui y ont participé en ont tiré profit : ça m'a permis de replonger le nez dans d'anciens cours. Et d'échanger avec des étudiants des masters que je vise, puisque les tuteurs étaient issus de tous les niveaux (sauf L1).

Le travail de supervision assuré par notre enseignante, Laure Razon, tout au long de notre mission, nous a permis de bien cadrer notre action. Dans un second temps, on s'est aperçus que les étudiants avaient aussi un fort besoin d'aide pédagogique, pour la méthodologie... Aujourd'hui, on cherche à pérenniser le système avec l'Amicale des étudiants en psychologie (Lapsus, dont je fais aussi partie), car le tutorat Répare est prolongé jusqu'à la fin 2021 (avec un effectif divisé par deux toutefois). »

  • Combien ? 29 étudiants tuteurs Répare à la Faculté de psychologie (qui ont proposé pas moins de 300 rendez-vous individuels et collectifs !), 250 à l'échelle de l'université

Propos recueillis par Elsa Collobert

A noter que tous ces étudiants sont embauchés, et donc rémunérés, par l'université. Même s'ils sont tous animés par la volonté désintéressée d'aider les autres – beaucoup ont aussi des activités bénévoles – travailler dans le cadre d'un contrat est un pas supplémentaire franchi dans l'engagement. « On se sent plus cadrés et davantage responsabilisés », estime ainsi Camille Schwartz, étudiante tutrice Répare.

Et aussi…

Au Crous aussi, on se soucie du bien-être et de l’équilibre des étudiants. Le dispositif des « étudiants relais cité » vise à améliorer l’accueil des étudiants dans les résidences universitaires. Ici aussi, de l’aide de pair à pair !

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