Université

Faire entrer l’enseignement à distance dans une nouvelle dimension

Impulsé bien avant la crise sanitaire, le projet Enseignement à distance (EAD), lauréat d’un Idex en 2019, voit avec cette dernière sa légitimité et sa nécessité renforcées. Il fédère aujourd’hui un large panel d’acteurs universitaires, au-delà de la Faculté des langues, qui l’a initié.

Redynamiser l’EAD à l’Unistra : c’est l’objectif ambitieux que s’est fixé le projet éponyme. « Nous en proposons à l'Unistra depuis longtemps. La licence d’allemand en "télé-enseignement", comme on disait alors, existe par exemple depuis 1969. Et bon nombre de formations en EAD n’existent qu’à l’Unistra. Mais notre avance tend à se réduire », note Christian Jacques, maître de conférences au Département d’études allemandes de la Faculté des langues, porteur du projet.

Ce n’est pas un hasard si la réflexion a germé au sein de cette dernière : un quart des étudiants inscrits en EAD et donc concernés par le projet y sont inscrits. Au total, ils sont plus d’un millier, au sein de formations du domaine ALL-SHS (Arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales), toutes portées par des composantes aujourd’hui associées au projet. « L’enjeu est très important, car l’EAD est une modalité de formation qui porte en elle une forte dimension de démocratisation d’accès à l’enseignement supérieur, et les inscriptions ne cessent de croître. »

Numérique et pédagogie

Une montée en compétences sur les outils numériques, ainsi qu’une amélioration de l’accès aux ressources pour les étudiants en EAD, ont été identifiées comme nécessaires. Priorité : adapter la plateforme Moodle, en la rendant notamment cohérente avec la charte graphique de l’université, « afin que les étudiants s’approprient mieux leur environnement d’apprentissage spécifique », explique Samira Khemkhem (responsable du département Relations internationales à l’Institut de traducteurs, d’interprètes et de relations internationales-Itiri, très impliquée dans le projet).

Signe de l’importance accordée aux outils et à leur accès, la Direction du numérique est un partenaire essentiel. « Mais cela est indissociable d’une réflexion autour de la pédagogie, poursuit Christian Jacques, raison pour laquelle l’Institut de développement et d'innovation pédagogiques (Idip) et le Service des bibliothèques sont aussi des partenaires de premier plan. Nous contribuons aussi au rapprochement entre entités. »

La confirmation du confinement

Le projet à peine lancé, le confinement est venu jouer les trouble-fête. Vraiment ? « Cela a certes perturbé notre calendrier, mais n’a fait que confirmer sa nécessité et les intuitions de ses initiateurs », souligne Meriem Araf, embauchée en février 2020 pour coordonner, structurer et animer le projet. La crise a aussi offert un test en temps réel au savoir-faire des enseignants de la Faculté des langues en matière d’EAD, mobilisés pour former leurs collègues à des méthodes et outils que nombre d’entre eux découvraient. « Nous allons ainsi permettre de faire avancer la question de l’hybridité et, par ricochet, bénéficier à l’ensemble de l’établissement. »

Articulée en dix groupes de travail d’une soixantaine de personnes, la réflexion bat son plein, en parallèle d’une mise en œuvre concrète : « Nous ambitionnons d’éditer un guide, type "bonnes pratiques de l’EAD", une salle et un amphithéâtre ont été équipés de matériel de pointe, liste Samira Khemkhem, responsable du groupe en charge de la conception du site EAD Unistra. Ce point d’entrée unique présentera de façon dynamique et attrayante l’offre de formation EAD à l’Unistra et rassemblera les ressources produites, comme des capsules vidéo. » Le site doit voir le jour à l’issue du projet et répondra à l’objectif d’une meilleure visibilité, en interne et à l’externe.

Essentielle au projet, sa phase d’essaimage a débuté avec un premier workshop, en janvier, ouvrant la voie à trois autres, au printemps 2021, et à une journée d’étude au printemps 2022. Avec l’ambition de constituer un réseau de partenaires et une communauté d’échanges de pratiques, « le projet reste ouvert à toute personne souhaitant s’y joindre », souligne Christian Jacques. Lui-même expérimente par exemple dans un groupe de travail l’amélioration de l’un de ses cours. Une fois le projet terminé, les actions entreprises et les équipements mis en place, la dynamique impulsée doit être pérennisée à travers un conseil de l’EAD.

Structurer et faire vivre la communauté de pratique autour de l’enseignement à distance reste primordial. Non contents de fédérer une large galaxie d’acteurs à l’Unistra, les porteurs du projet ajoutent que celui-ci est à l’origine de projets « satellites » tels Epidi, Déphy, et le projet Idex Interactif « un projet Idex de transformation issu directement du projet Idex initial », précise David Lipson, son responsable.

E. C.

Le projet Idex EAD en bref

8 composantes impliquées : Faculté des langues (porteuse), Faculté des sciences sociales, Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion, Faculté des sciences économiques et de gestion, Sciences Po Strasbourg, Faculté de théologie catholique, Faculté de théologie protestante, Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé)

4 services parties prenantes (Direction du numérique, Service des bibliothèques, Institut de développement et d’innovation pédagogiques, Service formation continue)

10 groupes de travail

190 000 € obtenus suite à l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) Idex Structuration en 2019

1 ingénieure d’études recrutée, Meriem Araf

Projet articulé autour de 3 notions clés : redynamiser, monter en compétences, améliorer la visibilité

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