Université

« Les tests antigéniques offrent un premier niveau de détection »

Depuis la première semaine de février, étudiants comme personnels peuvent se faire tester gratuitement à la Covid-19 au moyen de tests antigéniques, dans les locaux des services de santé. Les explications de Stéphanie Scarfone (médecin du travail, directrice du Service de santé au travail), et Aude Rochoux (médecin, directrice du Service de santé universitaire).

Pourquoi mettre en place aujourd’hui cette campagne de tests ?

Stéphanie Scarfone et Aude Rochoux : Les nouvelles dispositions prises depuis janvier (dispositif 20 %, groupes de 10, demi-jauges de TD, etc.) font revenir davantage d’étudiants, et par ricochet de personnels, sur les campus. Les risques de contamination s’en trouvent accrus, même s’ils sont plus le fait de moments conviviaux (repas, cercle familial, amical, festif) qu’à l’occasion d’un partage d’amphithéâtre ou de salle de cours. Certains craignant, avec raison, la propagation des variants.

A. R. : En proposant aux personnels et étudiants de se faire tester, gratuitement, selon des modalités différentes (lire encadré), on offre un premier niveau de détection, à l’échelle du lieu d’études et de travail. 2 000 de ces tests, antigéniques, ont été mis à notre disposition par l’Agence régionale de santé (ARS). 500 d’entre eux sont partis vers notre antenne d’Illkirch. Notons que l’organisation de ces tests, notamment le déploiement de ressources adaptées (agents formés, blouses, sur-blouses, sur-chaussures, lunettes, etc.) reste à la charge de l’université.

S. S. : Nous appliquons une directive nationale, qui ne tient pas forcément compte du contexte local : de fait, à Strasbourg, il n’est pas difficile d’aller se faire tester dans les laboratoires et les pharmacies de ville.

Quelle est la procédure pour ces tests antigéniques ?

S. S. : Les tests s’effectuent sur rendez-vous, exclusivement. Pour y prétendre, il est nécessaire d’être symptomatique depuis moins de quatre jours. La raison en est simple : les tests antigéniques étant moins sensibles que les PCR, ils ne détectent pas ou très mal les cas asymptomatiques. Mais leur avantage est que le résultat est obtenu très rapidement, en 15 minutes. Le fonctionnement est similaire à un test de grossesse, avec un bâtonnet coloré affichant un résultat positif ou négatif. Cela nous permet rapidement d’alerter la personne, qui selon notre procédure, doit rester sur place dans l’attente du résultat. Dans le cas d’un test positif, il est nécessaire de faire confirmer le résultat en laboratoire par un test PCR, dans les 36 heures, notamment afin d’identifier d’éventuels variants. Mais sinon, la procédure reste identique à ce que nous avons mis en place depuis l’année dernière : nous expliquons à la personne qu’il faut s’isoler, en lui distribuant la documentation adéquate, et nous nous occupons du traçage de ses contacts.

A. R. : Tout comme les tests PCR, les tests antigéniques s’effectuent par prélèvement naso-pharyngé, à l’aide d’écouvillons. Le déploiement de tests salivaires, qui ont l’avantage d’être moins invasifs, mais moins fiables, a été annoncé par le ministre de la Santé pour le lendemain des vacances d’hiver, dans les écoles et les universités. Ce pourrait être une nouvelle étape, pour nous…

Voilà maintenant un an que vos services font face à cette crise qui dure…

A. R. : Le premier cluster de Mulhouse a été déclaré il y a tout juste un an. Nous avons dû rapidement nous adapter, repenser nos procédures, et cela n’a cessé depuis. Depuis octobre, nous proposons un formulaire de renseignement aux personnels et étudiants, afin d’assurer un suivi des cas. Cela nous a été utile pour détecter des clusters et casser certaines chaînes de contamination, depuis la rentrée, comme à Télécom physique Strasbourg par exemple. Depuis le 8 mars 2020, nous avons reçu une mission supplémentaire de suivi des étudiants en cité universitaire.  

S. S. et A. R. : Nos équipes font face à des consignes mouvantes et s’adaptent sans cesse, tout en continuant à assurer les soins « courants » auprès des étudiants, ainsi que le suivi des personnels. Nous sommes tous très fatigués, mais conscients de la nécessité de pouvoir tracer, alerter et isoler.

Propos recueillis par Elsa Collobert

 

Marche à suivre pour se faire tester

Pour les étudiants : prise de rendez-vous sur Doctolib (condition : être symptomatique depuis  moins de quatre jours), tous les jours, aux plages horaires dédiées.

Pour les personnels : prendre rendez-vous par téléphone (03 68 85 15 03) ou courriel. Les tests sont réalisés uniquement le mardi (de 15 h 30 à 16 h 30) et le vendredi (de 15 h à 16 h) pour le campus Esplanade et le mardi et le vendredi, de 10 h à 12 h, sur rendez-vous par téléphone (03 68 85 84 42) ou courriel pour le campus Illkirch.

Deux lieux de dépistage :

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