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Un retour pas à pas au présentiel

Les modalités de retour en présentiel n’en finissent pas de muter. Annoncée jeudi 21 janvier par le président de la République à un monde universitaire en souffrance, la possibilité pour les étudiants de revenir en cours à raison de 20 % des effectifs en même temps jusqu’à la fin du second semestre élargit les possibilités déjà existantes (TP sur autorisation rectorale, TD pour les L1, Accueil 10, tutorat). Charge maintenant aux composantes de s’adapter – une nouvelle fois.

Ce qu’il était possible de faire jusqu’à présent

Passé le reconfinement du 30 octobre, les Travaux pratiques (TP) pouvaient continuer à se tenir, sur autorisation du rectorat et à condition de respecter 8 m2 de surface minimum par étudiant dans les locaux. Ce qui a nécessité pour les équipes pédagogiques de revoir la composition de leurs groupes, et donc leurs emplois du temps. Cela ne représentait toutefois que quelques centaines de modules, sur 8 à 10 000 UE pour l’Unistra au total. La possibilité de travailler en bibliothèque restait aussi ouverte, avec des jauges restreintes et selon un système de réservation.

Les annonces de décembre ont permis d’envisager de desserrer l’étau du tout distanciel pour la rentrée de janvier : la circulaire du 20 décembre 2020 annonçait une possibilité d’organiser des enseignements présentiels par groupes de dix maximum (en ciblant les étudiants « les plus fragiles »). Puis, mi-janvier, la reprise des travaux dirigés pour les premières années de licence, DUT ou cycles d’ingénieur, dans la limite de 50 % des capacités d’accueil des salles d’enseignement, a été autorisée à partir du 25 janvier.

Encouragées par la direction de l’université à s’adapter à ces nouvelles consignes, les composantes, en raison de leurs contraintes organisationnelles propres, n’ont pas toutes pu réagir avec la même célérité. Mais toutes se montrent désireuses de faire revenir leurs étudiants.

L’annonce d’Emmanuel Macron d’un retour possible en présentiel des étudiants un jour par semaine n’annule pas ces dispositifs, mais les englobe.

Ce que recouvre le nouveau « dispositif 20 % »

Annoncée au départ comme un retour des étudiants un jour par semaine, cette disposition a ensuite été précisée, dans une circulaire du 22 janvier. Par « dispositif 20 % », on entend 20 % des effectifs globaux de l’université, ce qui permet de prendre en compte la spécificité des composantes. Les avis chez les étudiants et les professeurs peuvent être partagés, bien souvent ce sont des questions pratiques qui sont difficiles à résoudre : difficulté pour les étudiants à revenir en raison d’absence d’hébergement (rendu) ; restauration du midi en extérieur car les Crous n’ont que le droit d’effectuer de la vente à emporter ; difficulté à penser une répartition et une utilisation des locaux pour maintenir la jauge des 20 %. Dans les fameux 20 %, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation indique qu’il s’agit d’un seuil maximal, qui comprend ce qui est déjà fait avec les TP, l’accueil par groupes de dix et le tutorat.

La notion d’une journée par semaine de présence sur site s’assouplit en devenant l’équivalent d’une journée. Il est donc possible d’organiser un retour des étudiants sur deux demi-journées, par exemple.

Si tous les niveaux sont concernés, la direction de l’université préconise de privilégier les diplômes nationaux, les premières années de licence et de DUT, ainsi que les TD et les TP, qui requièrent davantage une présence physique qu’un cours magistral.

L’organisation en présentiel des examens et le travail en bibliothèque n’entrent pas dans la prise en compte du calcul du temps passé sur site.

Dans la mesure du possible, des enseignements hybrides seront mis en place, pour tenir compte des étudiants empêchés de revenir. Mais ce ne sera pas possible partout !

Le dispositif n’annule bien sûr aucune des règles sanitaires : en particulier, la règle de la demi-jauge dans les salles d’enseignement reste en vigueur.

Ce dispositif peut être appliqué depuis le 25 janvier, au plus tard le 8 février. Mais on le voit, il est très difficile à mettre en œuvre. Les directions de composantes travaillent actuellement pour trouver les meilleures modalités, adaptées aux consignes nationales, celles de l’université et en prenant en compte tous les impératifs pratiques.

De nombreuses questions se posent au fur et à mesure, les consignes seront actualisées sur le site unistra.fr et Ernest, en fonction de l’évolution de la situation. Ainsi par exemple de la question de la prolongation du statut étudiant pour ceux qui sont en stage. C’est pourquoi les brigades sanitaires vont aussi être renforcées, pour accompagner ce retour en présentiel, ce qui permet aussi la rémunération d’étudiants aujourd’hui sans travail.

Côté personnel, les agents du service public, pour lesquels le télétravail est de rigueur dès lors que c’est possible, vont s’adapter pour accompagner le retour des étudiants. Là encore, souplesse et agilité sont de mise, pour permettre un retour en tenant compte des besoins et des possibilités.

 

Le dispositif de tutorat bien lancé

Rapidement mis en place pour répondre à la détresse des étudiants, le système de tutorat Répare compte déjà 300 étudiants tuteurs recrutés, toutes facultés confondues. Il permet d’offrir soutien et accompagnement à des étudiants en difficulté, que ce soit au niveau de la motivation ou au niveau des apprentissages.

Plusieurs facultés qui l’ont déjà mis en place ont utilisé jusqu'à présent le dispositif « Accueil 10 » pour organiser des séances ponctuelles, sur convocation, à destination de petits groupes d’étudiants.

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