Université

S’associer au CNRS pour une stratégie internationale commune

L’Université de Strasbourg met en place une nouvelle politique de suivi des réseaux internationaux de recherche. Elle organise depuis le début de l’année 2018 un dispositif d’évaluation et de financement parallèle à celui du CNRS.

C’est une décision qui vient faire écho à la volonté du CNRS de se rapprocher de ses partenaires universitaires, comme souligné par son nouveau directeur, Antoine Petit. C’est également le fruit de la rencontre entre Philippe Turek, vice-président délégué Relations internationales, coordination entre recherche et formation, et de Patrick Nédellec, directeur de la Direction Europe de la recherche et de la coopération internationale (Derci) du CNRS.
Pour l’organisme, principal financeur de ces projets internationaux, il était essentiel de travailler plus harmonieusement avec les universités. « À Strasbourg, nous avons une majorité d’unités mixtes de recherche, analyse Philippe Turek. Il nous a donc semblé essentiel de faire un état des lieux des outils proposés par le CNRS. »

Recenser pour mieux rayonner

L’équipe formée avec Pascale Nachez (Direction de la recherche et de la valorisation) procède alors en 2017 à un recensement et dénombre trois Réseaux de recherche internationaux (IRN), dix Laboratoires internationaux associés (LIA), 17 Projets internationaux de coopération scientifique (PICS) et trois Projets de recherche conjoints (PRC). Ce sont les deux premiers outils – IRN et LIA – qui font l’objet de la nouvelle procédure de l’université. L’objectif : mieux connaître et évaluer les dossiers, pour attribuer des subventions adaptées, en plus de celles du CNRS.

Un comité Internationalisation de la recherche est chargé d’un premier examen, avant de transmettre les projets retenus à la Commission recherche, pour approbation. Les membres de ce comité sont des élus de la Commission recherche de l’université. « La mission que nous nous donnons suit trois axes », résume Philippe Turek. Recenser les projets, les évaluer et enfin les promouvoir. » En effet, en rendant transparent le processus d’évaluation,  l’université espère être plus à même d’encourager les projets de recherche à l’international. 

Associer recherche et formation à l’international

Pour Philippe Turek, la nouvelle évaluation apporte avec elle une opportunité : celle de valoriser les projets qui incluent la formation au même titre que la recherche. « Aujourd’hui, on pense trop souvent la formation et la recherche comme deux axes séparés lorsqu’ils sont portés à l’international, regrette-t-il Alors que pour une université, ce sont les projets qui associent la recherche aux enseignements qui contribuent le plus au rayonnement à l’étranger. »

En plus de ce critère, seront examinés :

  • la qualité du projet scientifique
  • la qualité de la coopération
  • l’adéquation avec la stratégie « recherche internationale » de l’Université de Strasbourg
  • la pertinence de la gouvernance

Le croisement des données des évaluations avec celles du CNRS est prévu en fin d’année. Les projets sélectionnés par les deux établissements sont donc financés lors de leur lancement, l’année suivante.

Léa Fizzala

Faire naître des envies

« Idéalement, en parallèle de l’accompagnement institutionnel, nous aimerions impliquer les chercheurs et les encourager à se rencontrer et, pourquoi pas, à devenir eux-mêmes porteurs de projets, s’enthousiasme Philippe Turek. La recherche à l’international naît avant tout de volontés individuelles de fusionner les compétences et les savoirs, d’une curiosité intellectuelle et d’une ouverture. C’est tout à fait ce que nous voulons encourager. »
Ce processus d’évaluation et de soutien a également été adopté pour les projets relevant plus spécifiquement du domaine des sciences humaines et sociales, en associant au comité d’évaluation Jay Rowell, vice-président délégué Recherche, structuration des unités de recherche et attractivité.   

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