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Excellence universitaire : les biais inconscients s'invitent dans le débat

Les biais inconscients influencent les études et la carrières des femmes en sciences. Photo d'archive - novembre 2019
Les biais inconscients influencent les études
et la carrières des femmes en sciences.
Photo d'archive - novembre 2019

Match retour ! Après une première étape qui s'est déroulée l'an dernier, à Sherbrooke (Québec), le colloque consacré à la promotion de la science chez les femmes et à la diffusion des savoirs se poursuit à Strasbourg, du 3 au 10 novembre prochains. Il portera sur l'étude des biais inconscients comme freins à l'excellence dans le monde universitaire. Une action volontariste, portée par la mission Égalité-Parité.

« Il faut que je vous raconte la trouvaille d’une personne qui faisait le ménage dans le laboratoire d’un groupe de chercheurs, vous n’allez pas y croire !

En lisant cette phrase, vous avez visualisé une femme en premier, et un groupe d’hommes par la suite ?

Pas étonnant ! Les métiers sont encore aujourd’hui souvent sexués et en France, 28 % seulement des chercheurs sont des chercheuses1. Un phénomène qui se fait davantage ressentir au cours de l'évolution de la carrière. »

Filières réputées masculines

Ainsi est introduit l'atelier/groupe de réflexion « Étudier dans une filière à dominante masculine » qui réunira, en ligne, le 3 novembre, dix étudiantes et étudiants de l’Unistra et autant de leurs homologues de l'université québécoise de Sherbrooke, issues de filières réputées « masculines » : physique, ingénierie mécanique, mathématiques-informatique et chimie.

Un événement qui s'inscrit dans le second volet d'un colloque ambitieux. Organisé à cheval sur deux années universitaire (2019-2020 et 2020-2021), main dans la main par deux universités par-delà l'Atlantique, sur une question commune : « Les biais inconscients : un frein à l'excellence dans le monde universitaire ». A l'Université de Strasbourg, l'action est portée par la cellule Égalité-Parité2, à travers la vice-présidente dédiée Isabelle Kraus et la chargée de projets qui lui est attachée, Eve Ballorain.

Frein à l'excellence

La première partie du colloque, qui s'est tenue l'an dernier au Québec, concernait la définition de l’excellence en sciences (recherche et entrepreneuriat) et questionnait les défis auxquels les femmes doivent faire face. A Strasbourg, le colloque portera sur les biais inconscients, corolaire à une participation moindre des femmes malgré leur excellence. Cette continuité s’inscrit dans un cadre de la reconnaissance de la notion d’excellence que prônent les deux universités.

En plus de l'atelier/groupe de réflexion du 3 novembre prochain, une table-ronde « L'impact des biais inconscients sur les carrières féminines en sciences » (mercredi 4 novembre) et une conférence « Les biais inconscients : un frein à l'excellence dans le monde universitaire » (mardi 10 novembre) sont programmées. Cette dernière s'inscrit dans le cadre du forum Développement durable, qui se tient au Palais de la musique et des congrès de Strasbourg. Chaque événement se déroule tout ou partie en ligne, à la fois dans un souci de respect des mesures sanitaires, mais surtout pour pouvoir impliquer les partenaires québécois.

Conférence et ateliers sont financés par la Commission permanente de coopération franco-québécoise et l’Idex. (Photo de une réalisée en novembre 2019)

E. C.

1 « Vers l’égalité femmes-hommes : chiffres clés », rapport édité par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (2020)
2 Bénéficie du soutien de l'Initiative d'excellence, dans le cadre des Investissements d'avenir

Photo de une réalisée en novembre 2019

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