Université

« Ne pas négliger les autres actions de prévention »

Aude Rochoux, directrice du Service de santé universitaire.
Aude Rochoux, directrice du Service de santé universitaire.

La Covid-19 a été un raz-de-marée sans précédent pour le Service de santé universitaire (SSU), qui se réorganise pour y faire face. Mais cela ne doit se faire au détriment des autres actions de prévention, rappelle Aude Rochoux, directrice du service.

Comment votre service fait face à la crise de la Covid-19 ?

Je ne cache pas que l’on se sent submergés, car la Covid se surajoute à d’autres maladies et problématiques, qui n’ont pas disparu par magie. Et que notre périmètre couvre l’Unistra, mais aussi les autres établissements du contrat de site1, soit 60 000 étudiants. On fait donc au mieux, avec les moyens du bord.
Lors du confinement, nous avions lancé les consultations en ligne, sur Doctolib. Celles-ci se poursuivent, en parallèle de la reprise du présentiel.
Heureusement, la direction de l’université nous permet d’embaucher une infirmière pour le traçage Covid (grâce à un financement de la Contribution de vie étudiante et de campus-CVEC). De plus, à partir de début novembre, l’équipe médicale sera renforcée, avec deux étudiants en fin de cycle de médecine générale.

Quel protocole a été mis en place ?

Au début, on a un peu tâtonné et bricolé. Avec la multiplication des cas, on ne pouvait plus s’en remettre au hasard pour le suivi. Un formulaire a été créé avec le Service de santé au travail, qui nous permet d’alimenter au fil de l’eau une base de données commune. Les étudiants et les personnels cas contacts et positifs à la Covid le renseignent, sur la base du volontariat. Cela nous permet d’avoir un suivi quasi en temps réel des cas – même si, évidemment, la situation est en perpétuelle évolution. Ce travail de traçage devient de plus en plus compliqué et mobilise tous les médecins du service. Nous allons former les infirmières pour qu’elles puissent toutes faire le tracing, ce qui nous permettrait de continuer à proposer des consultations aux étudiants. Nous transmettons nos données anonymisées à la Direction générale des services de l’université, ainsi qu’à l’Agence régionale de santé, informée quotidiennement de l’évolution la situation. C’est elle qui, en fonction du panachage d’un certain nombre de critères (nombre de cas, situations d’exposition…), prend la décision de faire basculer une promotion en distanciel. Cela dans le but de stopper les chaînes de contamination, dès les premiers signes d’une accélération des cas dans un groupe donné. L’expérience semble pour le moment concluante, avec des retours au présentiel dans les deux semaines (pôle API, Ecole de management, Sciences Po…).
A noter que nous avons prolongé le mandat de prévention des brigades sanitaires étudiantes jusqu’à fin octobre, avec un dispositif allégé en novembre. Une nouvelle action de dépistage d’ampleur est programmée, le 20 octobre, au Palais universitaire, très à propos avant les congés universitaires. Les recommandations utiles et les gestes barrières pour faire face au coronavirus sont également accessibles via le site de l'Université ou Ernest.

La crise de la Covid-19 jette une lumière crue sur des problématiques anciennes…

L’isolement et la précarité des étudiants sont encore renforcés en cette période - les problématiques étant souvent croisées. Nous travaillons en lien étroit avec les assistantes sociales du Crous, y compris pour procéder au cas par cas à des distributions de masques. Pour le moment, nous avons réussi à maintenir les ateliers relaxation et gestion du stress, et continuons à proposer un suivi psychologique.

Depuis le confinement, nos étudiants relais ont été très sollicités. On sait que ceux qui ont pris la suite en septembre le seront aussi : l’équipe de seize s’est renforcée de deux nouvelles recrues, et la psychologue qui assure leur formation est dotée de davantage d’heures.

Qu’en est-il de vos autres activités ?

Même ralenties, nous faisons tout pour les poursuivre. Il faut s’adapter, en troquant par exemple les stands d’info contre les vidéos de prévention, comme pour notre future campagne autour des Infections sexuellement transmissibles (IST). Ce mois-ci, nous avons dû annuler la formation des associations étudiantes aux risques festifs, par contre nous avons maintenu la campagne de vaccination à la cité U de la Robertsau et le Mois sans tabac (lire encadré). Et notre programme sport-santé en direction d’une soixantaine d’étudiants en surpoids est reconduit. Il combine suivi nutritionnel et psychologique, pratique sportive. Nous avons été contraints de privilégier les activités extérieures, type marche nordique. Comme beaucoup de choses, tout est suspendu à l’évolution de l’épidémie…

1 BNU, Engees, Ensas, Hear, Insa, UHA
2 Une directrice médicale (un Equivalent temps plein-ETP), sept infirmières (6 ETP), six médecins (3,25 ETP), six personnels administratifs (5,25 ETP), deux assistantes sociales (1,7 ETP), deux psychologues (0,75 ETP), une conseillère conjugale (0,1 ETP), 18 étudiants relais (20 h/mois/étudiant)

Photo de une réalisée en juin 2019

Campus sans tabac

Dans ce projet de longue haleine porté par le SSU, deux composantes font figure de « locomotives » : l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) et la Faculté de pharmacie ont déjà toutes deux instauré leur parvis « zone sans tabac ». Objectif, à terme : faire de l’université un « campus sans tabac ».

Première étape, en cette année perturbée : plusieurs événements ont été organisés en prélude au Mois sans tabac (en novembre). Au préalable, une enquête lancée en mai dernier via Ernest avait recueilli plus de 3 000 réponses, signes d’une adhésion de la communauté à la démarche. Prochaines étapes : la signature d’une convention de partenariat avec la Ligue contre le cancer et l’embauche de services sanitaires étudiants.

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