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[Recherche] Préserver les expérimentations au long cours

« Tout s’arrête, tout le monde reste chez soi. Pour les chercheurs et les doctorants, les consignes sont les mêmes que pour l’ensemble des citoyens. Les stages en laboratoire et les soutenances de thèse ont été reportés », souligne Catherine Florentz, vice-présidente Recherche et Formation doctorale, qui rappelle qu’un plan de continuité d’activité a été mis en place pour préserver notamment les expérimentations au long cours. « Dès jeudi dernier, chaque laboratoire a remonté un document, également partagé avec le CNRS et l’Inserm. »

Les secteurs concernés sont tout d’abord les animaleries (lire encadré), ou encore les serres et logettes pour les plantes, les cultures de lignées cellulaires qui nécessitent une intervention humaine tous les deux, trois jours. « Les chercheurs peuvent faire le choix de congeler certaines de ces lignées mais cela est impossible pour d’autres, et cela demande aussi du temps. » Certains équipements requièrent également un suivi, à l’image des outils de Résonance magnétique nucléaire (RMN) qui ont besoin d’un apport régulier en hélium pour se maintenir au froid. Sans oublier d’assurer une vérification du bon fonctionnement des congélateurs et des serveurs informatiques.

Actuellement, un laboratoire de virologie est mobilisé sur la question du Covid-19, où huit chercheurs sont autorisés à mener des expériences. Par ailleurs, le Service régional de traitement d’image et de télédétection (Sertit) doit rester en capacité de fournir des données 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Lecture de publications, analyse de données, rédaction de rapports de recherche… Pour tous les autres, le travail se poursuit à la maison. Même s’il y aura des frustrations, notamment pour ceux dont les recherches dépendent de fonds en bibliothèques, le confinement est l’occasion de s’atteler à des tâches « que nous n’avons pas toujours le temps de faire avec sérénité », précise Catherine Florentz, qui ajoute que la solidarité s'organise également, par exemple, par la mise à disponibilité par les laboratoires de matériels pour les hôpitaux.

Animalerie : priorité à la continuité du service auprès des animaux

L'Université de Strasbourg et ses partenaires disposent de plusieurs animaleries qui sont des services supports pour la recherche de la domaine de la biomédecine. Dans la situation de crise actuelle, celles-ci ont fait l'objet d'une attention particulière afin que les conditions d'hébergement optimales soient maintenues. Ainsi, les personnels et les équipes de recherche se sont totalement mobilisés pour assurer un suivi quotidien des animaux ou des traitements en cours. Afin d'éviter les contaminations entre individus, les barrières sanitaires recommandées seront appliquées, les personnels et chercheurs ayant déjà l'habitude de ces méthodes dans leurs pratiques expérimentales. Les animaleries disposent de stocks d'aliments et peuvent être livrées en cas de difficultés dans les prochaines semaines.

Yves Larmet, vice-président Patrimoine et enseignant-chercheur en biologie

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