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Alain Beretz missionné pour accompagner la construction des universités européennes

Alain Beretz, lundi 1er octobre, à l'Université de Strasbourg.
Alain Beretz, lundi 1er octobre, à l'Université
de Strasbourg.

Après deux années à la tête de la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI), Alain Beretz est physiquement de retour parmi nous. Le Premier ministre, Edouard Philippe, lui a confié une mission relative au déploiement des universités européennes.

Alors, vous êtes de retour ?
Oui et non. Durant mon expérience ministérielle, j’étais en détachement de l’Université de Strasbourg. Cette expérience ayant pris fin, je reviens mécaniquement dans mon établissement. Cela dit, j’enchaîne sur une mission que m’a confiée le premier ministre pour un an, donc je ne travaille pas pour l’université, même si j’y suis domicilié. J’aurai bien sûr des journées de travail à Paris et des déplacements en Europe, à Bruxelles notamment. Cela dit, je suis très content d’être à nouveau parmi vous.

En quoi consiste votre mission ?
Pour contextualiser, il faut faire référence au discours de la Sorbonne, prononcé par le président Macron en septembre 2017. À cette occasion, le président a lancé un appel pour la création d’universités européennes, avec l’objectif de créer une vingtaine d’alliances à l’horizon 2024. De son côté, la direction générale de la Commission européenne pour l’éducation, la jeunesse, le sport et la culture, s’est saisie de cette proposition et lance, ces jours-ci, un appel à projets d’un montant de 30 millions d’euros pour financer six projets pilotes. Un deuxième appel « pilote » suivra en 2020. Ma mission consiste à accompagner la douzaine d’alliances transnationales impliquant des établissements français qui sont actuellement en cours de constitution pour répondre à cet appel d’offres. Eucor-Le Campus européen est bien sûr l’une d’elles.

Concrètement, comment s’organise votre mission ?
Elle s’organise autour de quatre grandes actions : la principale consiste à assister les candidats français et leurs partenaires dans la démarche de labellisation, faire remonter leurs éventuelles difficultés, les freins, etc. Mais il s’agit aussi d’assurer la promotion du projet auprès des partenaires européens de la France pour promouvoir le développement des alliances, de s’assurer de sa cohérence avec l’ensemble des objectifs énoncés par le président lors du discours de la Sorbonne, de faire une veille sur les alliances en formation dans toute l’Europe et de proposer des rapprochements avec les établissements français.
L’enjeu est important car la France apportera un financement complémentaire de 100 millions d’euros sur dix ans aux projets lauréats de l’appel à projets européen, via le PIA3*. Au-delà des six lauréats des deux phases pilotes, l’Europe compte labelliser vingt à trente projets d’ici 2021.

Les enjeux sont-ils seulement financiers ?
Pas du tout. Le bénéfice financier doit d’ailleurs être relativisé, car il sera largement absorbé par les surcoûts liés à la mise en place des alliances. Les bénéfices à attendre sont surtout intellectuels et politiques : poursuite de l’ouverture du monde universitaire, circulation des idées, des savoirs, maîtrise des langues et l’employabilité qu’elle induit, compétitivité de la recherche et de l’enseignement… À l’heure où la Chine est en passe de devenir la première puissance scientifique mondiale, les universités européennes ne peuvent pas se permettre de dormir sur leur passé glorieux ! Enfin, politiquement, c’est l’identité européenne de la jeunesse qui se joue, dans le contexte de montée des nationalismes et des populismes.

Que peut-on dire aujourd’hui de l’appel à projets ?
Les critères ne sont pas encore tous arrêtés. On sait qu’il faudra au moins trois pays différents dans le partenariat, avec un équilibre entre les établissements d’excellence et les autres. Il y aura sans doute plusieurs types d’universités : les transfrontalières de proximité comme Eucor, des alliances thématiques, de type technologiques ou à forte compétences médicales par exemple, mais aussi des réseaux d’universités pluridisciplinaires.

Eucor-Le Campus européen à toutes ses chances alors ?
Oui, il a notamment l’atout de l’antériorité. La démarche a été lancée bien avant que ce soit la mode. Techniquement, la question de la Suisse, qui n’est pas dans l’espace Erasmus +, peut se poser. Bon, je précise que je vais accompagner tous les établissements français qui s’engagent dans la démarche. Je ne fais pas de favoritisme pour Eucor…

Propos recueillis par Caroline Laplane

* Programme d’investissements d’avenir

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