Université

Reprise des travaux à la Manufacture

Interrompus deux mois pour cause de confinement, les travaux sur ce chantier central de la Krutenau battent à nouveau leur plein.

Le futur accueil du pôle G2Ei.
Le futur accueil du pôle G2Ei.

Du 17 mars au 12 mai, les bétonnières, marteaux-piqueurs, scies et autres outils de chantier se sont tus à la Manufacture des tabacs. « C’était une première pour tout le monde, architectes, entreprises intervenantes… Personne n’avait jamais vécu ça ! » raconte Éric Saint-Dizier, responsable du suivi de ce projet à la Direction du patrimoine immobilier (DPI).

Bon gré mal gré, le planning a été revu, dans un premier temps selon les directives imposées par les organismes de prévention nationaux du BTP, afin que les ouvriers des différents corps de métiers intervenant sur le site se croisent le moins possible. « Depuis quelques semaines maintenant, on est revenus à une situation quasi-normale », port du masque obligatoire et respect de sens de circulation en sus. « Notre chance, c’est que les espaces sont vastes, les distances de sécurité pouvant ainsi être respectées relativement facilement. » 

Le hic, c’est que tout a pris du retard. Il n’est malheureusement plus question d’une rentrée en septembre 2021 pour les étudiants du pôle G2Ei (Géosciences, eau, environnement, ingénierie)1. « Le calendrier a aussi été revu : la partie enseignement sera d’abord livrée, pour une arrivée des étudiants prévue en février 2022. La partie recherche2 viendra dans un second temps, compte tenu des impératifs techniques et déménagements d’équipement lourds. »

Réaménagement et construction

Côté pile : 10 000 m2 d’espaces à traiter en réhabilitation lourde, sur trois niveaux. Montage de cloisons pour créer des salles de cours et des bureaux, optimisation de l’espace au moyen de mezzanines, renforcement des sols, réaménagement des cages d’escaliers, installation d'ascenseurs… : toutes ces opérations complexes et techniques battent leur plein en ce moment. Le bon avancement du gros œuvre permet d’envisager un démontage de la grue en octobre, et un relais du second œuvre (plâtrerie, chauffage, électricité), déjà bien entamé dans certaines parties du bâtiment. Les deux étages dédiés à l’administration sont « avancés au maximum de ce qu’il est possible à ce stade ». La structure et la forme des deux grands amphithéâtres est déjà reconnaissable au rez-de-chaussée, avec les poutres en bois massif au plafond et les supports des gradins en béton mis en œuvre.

Eric Saint-Dizier, conducteur de l'opération à la DPI
Eric Saint-Dizier, conducteur de l'opération
à la DPI

Côté face : un espace à bâtir de zéro, côté rue de la Manufacture (qui sera l’entrée privilégiée pour les étudiants, tournée vers le campus). 600 m2 seront dédiés à la recherche, dans une halle technologique de pointe permettant, par ses dimensions, d’accueillir les équipements scientifiques de grande taille. Malheureusement, alors que les travaux devaient débuter ce mois-ci, « cela ne sera pas possible, car le terrassement pour la partie enterrée ne peut démarrer qu’une fois l’échafaudage de la façade existante en travaux démonté ». Une déception pour Éric Saint-Dizier, qui espérait « qu’au moins cette partie du chantier ne soit pas impacté par cette crise sanitaire sans précédent… »

D’autant qu’il faut compter avec des contraintes inhérentes au projet, comme celle de « conserver l’héritage industriel du site ». Une caractéristique du projet architectural, qui amène l’équipe de la DPI « à travailler en lien étroit avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et l’Architecte des bâtiments de France (ABF) », précise le conducteur d’opération. Mais aussi avec les autres parties prenantes3 du projet, le volet universitaire n’occupant qu’un peu moins de la moitié des 20 000 m2 de surface existante totale. Des préventeurs ont été missionnés pour faciliter la coordination entre partenaires. Pensé comme un espace pluridisciplinaire favorisant la rencontre, le projet de nouvelle Manufacture rapproche l’université, l’Engees et la Haute école des arts du Rhin (Hear)4, notamment pour penser leur centre de documentation mutualisé. Pour mémoire, ces espaces d’étude et de recherche voisineront avec une néo-auberge de jeunesse, de la restauration solidaire, des espaces dédiés aux associations de quartier et à l’accompagnement des start-up au travers de Semia…

Elsa Collobert

1 École et observatoire des sciences de la Terre (Eost) et École nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg (Engees)
2  Laboratoires de l’Engees et ICube
3 Ville et Eurométropole de Strasbourg, Société d'aménagement et d'équipement de la région de Strasbourg (Sers, aménageur du site)
4 Toutes trois membres du contrat de site Alsace

« Le Ceipi doit être reconnu c... Changer d'article  Un nouveau pôle dédié au pilot...