Université

« Enrichir nos possibilités »

Gianluca Briguglia a pris la tête de la Faculté de philosophie en juin. Le nouveau doyen compte bien apporter sa vision et son expérience d’Européen convaincu à cette composante en plein renouvellement et fourmillante de projets.

Votre prédécesseur soulignait en 2015 une hausse constante de vos effectifs. Est-ce toujours le cas ?
À l’exception d’une légère baisse en licence cette année, le nombre de nos étudiants croit régulièrement depuis 2011. Ils sont environ 300, de la licence au doctorat, auxquels il faut ajouter lors de certains cours ceux de la licence Humanités. Ces effectifs raisonnables nous permettent un bon taux d’encadrement. Pour le master Recherche, nous recevons beaucoup de demandes d’inscriptions en provenance de toute la France et de l’étranger. Tout cela nous conforte dans notre capacité d’attractivité.

On dit souvent qu’en étudiant la philosophie « on apprend à penser »…
Avant tout, surtout en première année, l’enjeu est d’apprendre à apprendre. En philosophie, l’accès au texte est primordial et souvent cela pose des difficultés aux étudiants entrants. Nous avons renforcé les éléments méthodologiques dans la nouvelle offre de licence et nous sommes en train de réfléchir à de nouveaux modules méthodologiques, pour aider les étudiants de première année à améliorer leur capacité de lecture du texte philosophique. Nous menons aussi une réflexion autour de petits modules d’ouverture de la philosophie à la peinture, à l’art, aux médias…

En quoi est-ce important d’ « ouvrir » la philosophie ?
Nous nous devons d’intercepter la demande du public, forte, pour interagir avec elle. Sinon, la philosophie perd son élément de réflexion et de critique sur le monde, donc son moteur. Nous sommes ainsi en train de mettre en place un projet « Communiquer la philosophie », porté par notre faculté et le dispositif Mission professionnelle, pour encourager les étudiants à travailler sur des projets concrets, avec des outils plus amples. Aux côtés de camarades d’autres disciplines, ils seront libres de mettre en place les actions qu’ils souhaitent, via les canaux qui leur semblent les plus appropriés, pour valoriser la philosophie.
J’espère que cette année verra le retour de la Nuit de la philosophie, organisée par l’Amicale des étudiants de philosophie et soutenue par la faculté.

Que deviennent vos diplômés ?
L’enseignement et la recherche sont toujours l’horizon idéal, mais on sait que cela ne concernera au final qu’une infime partie de nos effectifs de première année. Nous soulignons au passage les excellents résultats au Capes.
Les compétences développées par un étudiant en philosophie sont souvent transversales et orientées naturellement vers différents domaines, mais les étudiants ont souvent besoin d’y réfléchir plus explicitement. Grâce à une collaboration avec Espace avenir, à partir de cette année, nos étudiants sont amenés à prendre conscience de leurs atouts (analyse, réflexion, synthèse…).

En quoi votre profil est un atout pour la faculté ?
Ce n’est pas à moi de le dire. Ce qui est sûr, un peu paradoxalement, c’est que j’apporte mon regard d’étranger et d’« Européen », qui peut, peut-être, aider à enrichir nos possibilités. Formé en Italie, j’ai ensuite travaillé en Allemagne, en Autriche et en France, à l’université et dans de grandes institutions de recherche. En m’ouvrant à d’autres systèmes, j’ai vu différentes manières de fonctionner, d’apprendre, d’enseigner. Ce parcours européen s’est construit en fonction des opportunités fournies par des programmes de mobilité et par des dispositifs variés. Je crois beaucoup à ce genre d’échanges et pour cela, j’encourage de jeunes chercheurs étrangers à postuler pour des bourses européennes (par exemple Marie-Curie) et à intégrer notre faculté.

L’international et la recherche sont donc des axes forts de votre stratégie…
Nos liens sont anciens avec Fribourg et l’Allemagne, de façon générale. Le Centre de recherches en philosophie allemande et contemporaine (EA 2326) est adossé à notre faculté. Nous avons un groupe de recherche médiéviste trinational (Cometh), France-Allemagne-Suisse, labellisé Eucor. Nous avons aussi un projet de construction d’un master commun avec Fribourg.

Elsa Collobert

« Prendre place » dans la ville

Aux côtés de nombreux partenaires, la Faculté de philosophie est partie prenante de « Prendre place », cycle de conférences et de déambulations dans la ville autour du thème de l'espace urbain. C’est même à l’initiative de l’un de ses enseignants-chercheurs, Mickaël Labbé, spécialiste en philosophie de l’architecture et de la ville, que le cycle a été mis en place, reprenant le mantra d’Henri Lefebvre « La ville est un emploi du temps ».

« Ces conférences visent à questionner les enjeux contemporains d’appropriation de l’espace urbain et à interroger l’état de la démocratie dans nos villes. Face au développement d’une ville générique privatisée, exclusive et soumise à la logique marchande de production de l’espace, peut-on reprendre place dans l’espace urbain et proposer sa propre alternative ? »

Programme

Un événement dédié au bâtiment... Changer d'article  Journées des universités : dès...