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Danielle, Christiane, et 2 300 autres : service (bien) compris…

Deux cheffes de service quittent l’université au mois de mars : Danièle Haug, directrice du service de la Validation des acquis de l’expérience (VAE), et Christiane Gross, directrice des affaires logistiques intérieures (Dali). Deux longues, riches et exceptionnelles carrières au service de notre université. Deux mots s’imposent devant leur parcours : merci et bravo ! C’est l’occasion de rappeler à la communauté universitaire l’importance vitale des personnels réunis sous l’acronyme Biatss : bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens, social et santé. Ils et elles sont 2 300 pour 2 500 enseignant.e.s-cheurcheur.e.s. Autrement dit, presque la moitié des personnels. Ces femmes et ces hommes représentent une centaine de métiers différents et des qualifications professionnelles pointues. Fonctionnaires titulaires ou contractuels, sans elles, sans eux, la mission d’enseignement et de recherche de notre université ne serait pas possible. Tous animés par le sens du service public, loin, très loin des caricatures des fonctionnaires, les personnels Biatss se donnent tous les jours à fond pour faire vivre notre grande université. Danielle, Christiane, et 2 300 autres, jour après jour, font vivre une université qui leur doit aussi son excellence. Si elles partent pour une retraite bien méritée, l’esprit du service public qui les a animées durant toute leur carrière continue leur œuvre. Et nous en sommes fiers. Pour elles ; avec elles.

Michel Deneken,
président de l'Université de Strasbourg

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Quand l’université interroge frontières et migrations

Comment envisager la notion de frontière dans notre monde interconnecté ? Et de quelle frontière – physique, mentale – parle-t-on ? Comment représenter la migration ? En prenant pour outil et support la carte, Moving beyond borders* invite à questionner les représentations.

L’exposition, invitée par l’université et accueillie du 17 mars au 30 avril au pôle de photographie Stimultania, est le point de départ de la manifestation. Itinérante (forcément !) et hybride, elle révèle les impacts des politiques européennes en matière de lutte contre l’immigration « irrégulière » à travers photographies, paysages sonores et cartes interactives. Ces dernières rendent compte des changements d’itinéraires empruntés pour contourner les points de contrôle mouvants. Les trois dimensions de l’exposition « se déclinent ensuite en autant de pistes de propositions », explique Anne-Christine Bronner, cartographe au laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe (Sage) et coordinatrice de Moving beyond borders à l’Université de Strasbourg.

  • Des cartes

Temps-fort du cycle, un atelier de cartographie Un enfant regarde une photographie de l'expositionexpérimentale sur trois jours est ouvert à une trentaine de participants (chercheurs, étudiants de toutes disciplines, artistes, acteurs du monde associatif, de la société civile…). Philippe Rekacewicz, ancien collaborateur du Monde diplomatique et co-animateur du site Visionscarto, « guidera les participants dans l’élaboration de crayonnés retraçant leur propre expérience migratoire, celle de leur histoire familiale ou de leur quotidien, selon un angle qui est celui de l’expérimentation mais qui peut aussi s’orienter vers la cartographie critique ».

  • Des films

La 13e édition de Filmer la ville, co-organisé par les laboratoires Sage, Laboratoire image ville environnement (Live) et Vidéo Les beaux jours propose quatre soirées autour de la projection de films documentaires : No border (20 mars), Bienvenue au Refugistan (30 mars), Les éclaireurs (6 avril) et Paris Périph’ (10 avril), suivies de débats en présence des réalisateurs et de chercheurs.

  • Des conférences

Trois conférences invitent à s’intéresser à la thématique de la frontière. « Représentation de la migration (20 mars), conditions de l’hospitalité avec l’anthropologue Michel Agier (27 mars) et perception des frontières, ici, à Strasbourg (3 avril), sont les trois fils que nous allons tirer lors de ces rendez-vous ».

Moving beyond borders est le fruit du travail conjugué de nombreux acteurs, tant universitaires que plus militants : l’exposition a été conçue par Migreurop, réseau européen et africain d’activistes et de chercheurs dont le laboratoire Migrinter (CNRS/Université de Poitiers) fait partie. Plusieurs de ses cartographes seront présents lors des événements déclinés en mars et avril. Sans oublier les visites commentées de l’exposition par Jean-Luc Piermay, professeur émérite de géographie (Unistra/Sage), les 30 mars et 8 avril et la journée d’études Cartotête autour de la notion de « cartes mentales », programmée les 10 et 11 avril. Par ailleurs, le Jardin des sciences s’associe pleinement en accueillant dans son calendrier deux conférences et une projection. Le tout se déroule sous l’égide du Service universitaire d’action culturelle.
À noter que le pôle de photographie Stimultania propose son propre programme d’événements autour d’une seconde exposition immersive, présentée entre ses murs, sur la même thématique, et intitulée More sweetly play the dance (William Kentridge).

E. C.

* Bénéficie d’un financement Idex Culture, sciences et société, dans le cadre des Investissements d’avenir

présentation de visuels de l'exposition Moving beyond borders : photo de barbelé et d'un camion rempli de migrant, une main pointe une carte

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Un séminaire national pour envisager ensemble le défi migratoire

La soixantaine de participants au séminaire, réunis vendredi 10 novembre au Collège doctoral européen.

L’université française doit faire face depuis deux ans à un afflux important d’étudiants et de chercheurs migrants. Preuves de la riche réflexion protéiforme qui se construit en son sein : la manifestation artistique Moving beyond borders (lire ci-dessus) et l’organisation d’un séminaire national, à l’initiative de l’Université de Strasbourg.

Comment mettre en place la formation des étudiants migrants au français, dans une perspective de poursuite d’étude ou d’insertion professionnelle ? Quelle insertion sociale et académique s’offre à eux ? Quel accueil spécifique organiser pour les chercheurs migrants ? C’est autour de ces trois thématiques que s’articule le séminaire « Les universités face au défi migratoire » du 10 mars. Il rassemble, au Collège doctoral européen, une cinquantaine de personnes issues d’universités françaises, de la Conférence des présidents d’universités (CPU) du Cnous et du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en prise directe avec les questions de migration et d’enseignement.
« Nous nous rassemblons pour aborder des aspects très concrets, pour envisager ensemble les difficultés auxquelles nous sommes confrontés dans l’accueil d’étudiants et de chercheurs migrants aux profils très divers, et quelles solutions nous avons jusqu’ici mises en place », explique Mathieu Schneider, vice-président Culture, sciences en société de l’Université de Strasbourg. Une réunion similaire a déjà été organisée en septembre, à l’initiative du ministère, « mais elle avait surtout pour but de donner de l’information, et moins d’échanger entre nous ». C’est donc à l’initiative de Mathieu Schneider que la réflexion se poursuit à Strasbourg, « avec cette fois-ci pour ambition d’établir des préconisations à faire remonter au ministère ou aux collectivités concernées ».
Exemple concret que cette coordination porte ses fruits : « Dans le Bas-Rhin, en nous associant avec le Crous, nous avons obtenu une dérogation permettant à 38 étudiants de conserver le bénéficie du RSA, qui normalement n’est pas compatible avec le statut d’étudiant ». Cette année, tout comme l’année dernière, le dispositif d’accueil de l’Université de Strasbourg a permis d’accueillir 100 migrants en tout.

E. C.

Migrant : un statut multiple

Le dispositif d’accueil de l’Université de Strasbourg concerne essentiellement des migrants possédant le statut de demandeur d’asile (demande d’obtention du statut de réfugié en cours d’instruction) ou ayant déjà obtenu le statut de réfugié, en provenance du Proche et du Moyen-Orient (Syrie et Irak en premier lieu). 34 nouveaux étudiants ont été accueillis cette année, tous formés au français à l’Institut international d’études françaises (IIEF).

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« Plus que jamais aujourd'hui Strasbourg capitale de Nobel »

Il y a les « amis » sur Facebook, les « likers », et les suiveurs, les « followers » sur Tweeter.
James Fraser Stoddart (Université Northwestern, Etats-Unis), Jean-Pierre Sauvage (Université de Strasbourg) et Bernard Feringa (Université de Groningue, Pays-Bas)
C’est avec cette formule que le président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, a introduit la conférence des trois prix Nobel de chimie 2016 du 6 mars. Une journée exceptionnelle qui célèbre la chimie et la science collective à l’Université de Strasbourg, sous le patronage d'un autre "nobellisé", Jean-Marie Lehn.

Une belle journée, une vraie fête de la science, une fête des Nobel, la chimie à l’honneur. Les Nobel de chimie de l’année 2016 ont été accueillis comme il se doit par la communauté scientifique de l’université. Autour d’invités de marque et surtout devant un amphithéâtre Cavaillès comble avec un public composé autant d’étudiants que d’enseignants-chercheurs, les trois Nobel ont exposé en anglais leurs travaux de recherche sur le développement de systèmes moléculaires dynamiques.

Moment fort en émotion

Jean-Pierre Sauvage, professeur émérite de l’Université de Strasbourg (Unistra) et membre de l’Académie des sciences, James Fraser Stoddart, de l’Université Northwestern (Etats-Unis) et Bernard Feringa, de l’Université de Groningue (Pays-Bas) ont répondu avec enthousiasme à l’invitation de l'Université de Strasbourg, de l'Institut de science et d'ingénierie supramoléculaires (Isis) de l’Unistra et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). À l’égal d’un grand show scientifique dans le bons sens du terme, la conférence s’est terminée par ovation des 500 personnes présentes.

« Ni frontières, ni murs »

C’est sous le patronage de Jean-Marie Lehn (prix Nobel de chimie 1987) que cette conférence s’est déroulée. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler l’importance de la recherche fondamentale et des financements qui y sont associés. Alain Beretz, directeur général de la Recherche et de l’Innovation, également présent pour cette journée, a abordé l’existence nécessaire d’un écosystème favorable à l’accueil des chercheurs. Michel Deneken a également salué ce moment : « C'est une illustration de ce qu'est l'université d'excellence de Strasbourg, au service d'une recherche fondamentale et libre, qui saute les frontières disciplinaires et nationales, collective et audacieuse ». Mais c’est surtout le message des trois colauréats du prix Nobel de chimie 2016 que l’on retiendra, en plus de leur enthousiasme à partager leur expérience : « Il y a quelque chose d’unique en sciences : l’absence de frontières et de murs ».

Frédéric Zinck

  • Retrouvez l'intégralité de la conférence sur CanalC2

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Quatre lauréats du Nobel de chimie exceptionnellement réunis

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Le Conseil européen de la recherche (ERC) a 10 ans !

En mars 2017, le Conseil européen de la recherche (ERC) fête ses 10 ans. L'occasion pour l'Université de Strasbourg, le CNRS et l’Inserm de célébrer leurs 45 lauréats. Une journée leur est consacrée le 15 mars, de 9 h à 17 h, à l'Institut de science et d'ingénierie supramoléculaires (Isis).

Dix ans après sa création, la réussite scientifique et politique du Conseil européen de la recherche est incontestée. L’objectif de l’Union européenne, qui souhaitait développer par son biais une recherche « plus audacieuse, une science aux frontières de la connaissance, en s’appuyant sur les idées des chercheurs, toutes disciplines confondues », est atteint. Près de 7 000 projets de très grande envergure scientifique ont été financés en dix ans, après une sélection drastique (qui ne retient que 11% des projets candidats). Les impacts scientifiques sont innombrables. Malgré ce succès, l’avenir de l’ERC n’est pas assuré à ce jour. Le dispositif et ses financements sont en place jusqu’à la fin du programme Horizon 2020, et la suite est en négociation.

Une journée pour faire le bilan, parler d’avenir et découvrir la diversité des projets

Le début de journée sera donc l'occasion de dresser un bilan des dix années du dispositif et d'échanger et débattre de son avenir, en présence de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, à l’Innovation et à la Science, et Jean-Pierre Bourguignon, président du Conseil européen de la recherche (ERC).
La fin de matinée et l'après-midi s'articuleront autour de témoignages et présentations scientifiques courtes pour illustrer la diversité et la richesse des projets des lauréats du site strasbourgeois et donner les clefs du succès aux futurs candidats ERC (voir programme détaillé).

Un dispositif puissant et novateur pour promouvoir la recherche européenne

Le Conseil européen de la recherche attribue chaque année des bourses de recherche individuelles à des scientifiques talentueux. Ces bourses sont attribuées pour une durée de cinq ans, avec des montants allant de 1,5 à 3,5 millions d'euros par chercheur. Elles ont pour objectif d’« accroître le dynamisme et la créativité de la recherche européenne, aux frontières de la connaissance avec pour seul critère de sélection, l’excellence scientifique ». Le budget total alloué à l’ERC pour la période 2014-2020 est de 13,1 milliard d'euros.
Depuis 2007, à Strasbourg, 45 lauréats, dont huit femmes, et 48 financements participent au développement d’une recherche d’excellence, notamment en sciences de la vie (31 bourses) et en chimie (dix bourses).

26 starting grants et six consolidator grants

L’objectif de ces bourses est de permettre à des jeunes scientifiques de constituer leur équipe de recherche autour d’un thème original. Elles soutiennent les projets scientifiques sur des sujets ambitieux et comportant des risques. Elles sont délivrées en fonction de l’année d’obtention de la thèse : starting grant, deux à sept ans après la thèse et consolidator grant, sept à douze ans après la thèse.

14 advanced grants

Elles permettent à des scientifiques confirmés de proposer un sujet en rupture par rapport à leurs activités de recherche, tout en restant actifs au niveau scientifique. La recherche proposée par le candidat doit ouvrir de nouvelles perspectives. Elle ne doit pas être dans l’exacte continuité de celle menée jusqu'à présent.

Deux proof of concept

Mises en place en 2011, les bourses ERC Proof of concept sont réservées aux chercheurs déjà ou récemment lauréats d’un autre type de bourse ERC. Elles servent à aider au dépôt d’un brevet, à évaluer un potentiel marchand ou à valider techniquement un produit.
La veille, mardi 14 mars, à 17 h 30, le grand public est convié à un dialogue citoyen autour des enjeux européens de la recherche, « Inventer la vie de demain par la recherche et l'innovation ? ». Rendez-vous au Patio (sur inscription) pour un échange direct et sans tabous autour de Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, à l’Innovation et à la Science.

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Dialogue citoyen : "Inventer la vie de demain par la recherche et l'innovation?"

À l’occasion des 10 ans du Conseil européen de la recherche, la Commission européenne invite les Strasbourgeois pour un dialogue citoyen sur les enjeux européens de la recherche.

Rendez-vous le 14 mars prochain à l’Université de Strasbourg pour un échange direct et sans tabous autour de Carlos Moedas, Commissaire européen à la recherche, à l’innovation et à la science.
Deux grands chercheurs Français dont les travaux façonnent déjà notre avenir commun contribueront aux échanges, en apportant leurs éclairages sur les traductions concrètes de l’action européenne en faveur de l’innovation :

- « Pourra-t-on bientôt nous implanter des souvenirs pendant notre sommeil et pour quoi faire ? » : Karim Benchenane présentera les incroyables applications de ses travaux actuels sur la plasticité du cerveau.

- « Comment la recherche fondamentale contribue-t-elle à la création et au développement d’entreprises ? » : Jean-Marie Lehn, lauréat du Nobel de chimie 1987, partagera son regard rétrospectif sur les applications de ses travaux.

Inscription obligatoire

Le lendemain, mercredi 15 mars, l'Université de Strasbourg, le CNRS et l'Inserm consacrent une journée aux lauréats ERC du site strasbourgeois, en présence de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, à l’Innovation et à la Science, Jean-Pierre Bourguignon, président du Conseil européen de la recherche (ERC) (lire ci-dessus)

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Les étudiants du master Design livrent leur interprétation du langage visuel

L'exposition est visible jusqu’au 11 mars, dans l’aula du Palais universitaire.

Au terme d’un semestre de réflexion et d’expérimentation, les étudiants du master Design de la Faculté des arts dévoilent leur production. Du coussin inspiré par l’arte povera à la déclinaison du langage visuel de l’université appliqué à quinze composantes, leur travail est visible au Palais universitaire.

Comment exprimer les particularités de la Faculté des sciences de la vie ou de l’Observatoire astronomique, tout en laissant transparaître leur appartenance commune à l’université ? Une trentaine d’étudiants en design ont pris la problématique à bras le corps, à l’occasion d’un workshop rassemblant premières et deuxièmes années. Résultat de ce questionnement doublé d’un défi : quinze propositions (dont huit exposées), toutes singulières, où l’unité transparaît toutefois. « En commençant, on s’est dit que l’application de ce langage allait être très restrictive. Et puis, en cours de route, on s’est rendu compte à quel point son interprétation était ouverte », s’enthousiasment Léa, Thomas et Léa, étudiants en master 1.
Objets de la vie quotidienne revisités à la sauce arte povera et maquettes explorant l’agencement urbain sont aussi visibles au fil de cette exposition élégamment agencée.